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Éditeur « Continuer à commencer »

septembre 2004 | Le Matricule des Anges n°56 | par Philippe Savary

Editrice chez Calmann-Lévy puis Pauvert, Maren Sell revient à ses premières amours : une maison à son nom. Itinéraire d’une femme traversée par l’Histoire et ouverte sur l’Europe.

Il y a plusieurs femmes en elle. L’éditrice et l’écrivain. L’allemande et la française. La lectrice et la militante. Profondément européenne, son regard est aussi tourné vers l’Orient ce jour-là elle revenait de Vienne et s’apprêtait à partir au Tibet en compagnie de son fils adoptif. Retour prévu à Paris deux jours avant la rentrée littéraire où elle propose quatre romans(1). Aucune appréhension ? « Aucune. » On peut lire la force et la malice sur ce visage pétillant de rousseur. Cette rentrée des classes a pourtant un goût particulier. Douze ans après l’arrêt de sa maison d’édition, Maren Sell & Cie, notre hôte repart à l’aventure, toujours au pluriel, sous l’enseigne de Maren Sell Éditeurs. « J’éprouve une certaine gêne à me présenter comme quelqu’un de fermé. J’ai le sens du partage. » Cette renaissance, elle la doit au soutien du groupe Libella de Vera Michalski (Phébus, Buchet-Chastel, Noir sur Blanc), actionnaire majoritaire (75%) de la nouvelle société. Toutes les deux étaient faites pour s’entendre. « Nous avons commencé l’édition la même année, avec le même désir d’Europe. Nous avons eu deux auteurs en commun et plusieurs fois étions en concurrence. »
Maren Sell est née en février 1945, à Flensburg, tout au nord de l’Allemagne, à la frontière danoise, une ville peu touchée par les bombardements alliés. D’origines polonaise et autrichienne, sa famille est issue de la moyenne bourgeoisie son père ingénieur dans les Ponts et Chaussées construira après-guerre des aéroports dans la région du Palatinat. Son enfance est bercée d’une lumière toute mélancolique. « À la maison, nous écoutions beaucoup de musique, hormis Wagner qui était interdit. On mettait par exemple un disque de Schubert et quelqu’un récitait du Rilke. Ce n’est pas un signe d’intellectualisme, plutôt de sentimentalité. » C’est à travers la poésie que la jeune fille apprendra à bien lire, à apprécier la musicalité des langues. Adolescente, elle dévore Kafka, Musil, Hofmannsthal, Büchner, Rilke… « ils sont restés mes préférés ». Au lycée, elle découvre le français par la philo, Sartre et surtout Camus en tête dont elle pleurera la mort l’année de ses 15 ans. « J’ai toujours eu le français dans l’oreille, mon père le parlait un peu, pour lui c’était la langue érotique par excellence. »
Mais derrière cette belle apparence d’harmonie, la jeune fille ressent très vite le malaise, ce qu’on nommera le non-dit ou le silence sur l’Holocauste. Sentiment de honte puis de révolte. « L’atmosphère en Allemagne dans les années 50-60 était étouffante. Tout était intériorisé. Notre jeunesse était confrontée à une génération de parents qui refusait de parler. » Pendant ses années de fac (à Sarrebruck, seule université où le français était enseigné en français, puis à Fribourg où elle assistera à un cours de Heidegger), elle rejoint la contestation étudiante dans le mouvement dit « anti-autoritaire » conduit par Rudi Dutschke. Sitôt achevé son doctorat consacré au philosophe...

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