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Événement & Grand Fonds Roman noir

avril 2005 | Le Matricule des Anges n°62 | par Richard Blin

Grisélidis Réal ou l’écriture au ventre. Entre célébration et vertige, l’odyssée allemande d’une courtisane au grand cœur. Racontée par elle-même, sur un ton proche de la poésie à l’état sauvage.

Le Noir est une couleur

Carnet de bal d’une courtisane

On ne naît pas ce que l’on est, on le devient au fil d’une alchimie singulière mêlant, par-delà le Bien et le Mal, les influences du milieu, des rencontres et de la nécessité. Chaque individu est l’œuvre d’un certain déterminisme, le résultat du jeu combiné de tropismes plus ou moins irrésistibles et de forces aveugles, le fruit de circonstances et de hasards. Pas évident, dès lors, d’évoquer le libre arbitre de l’homme quand c’est la seule volonté qui est libre, pas ce qui nous conditionne et nous structure. Et quand c’est autour de notre part maudite que se cristallise l’essentiel d’une existence, celle-ci peut prendre des allures de roman noir.
C’est de cette mécanique du destin que témoigne Le Noir est une couleur (initialement publié en 1974 chez Balland). C’est le roman d’un corps, l’autobiographie d’une figure d’exception, celle de Grisélidis Réal, née à Lausanne en 1929. Après une enfance passée en Egypte et en Grèce, la mort de son père la voit revenir en Suisse. Bohème dans l’âme, elle fait des études d’arts décoratifs, à Zurich, avant de tenter de gagner sa vie comme artiste peintre. Mais plusieurs fois mère, divorcée, sans ressources, mais décidée à vivre ses passions jusqu’au bout, elle décide de s’enfuir en Allemagne. Rétive aux compromis comme aux arbitrages, elle part, à 32 ans, avec ses enfants et Bill, son amant noir, arraché à un asile psychiatrique genevois. « C’est avec une jubilation sauvage que j’abandonnais tout : la petite vie triste et tranquille ; les séances de pose chez les peintres, la furtive misère au jour le jour : pas de viande, tout pour les gosses, un rôti de cheval le dimanche et pour moi les trois assiettes de maïs qui refroidissaient à la cuisine, une pour le matin, une à midi, une le soir ».
Rêvant, comme toutes les âmes nomades, d’une liberté radicale et sans frein, emportée par la passion qui abolit toute raison et livrée à la toute-puissance de la chair, elle découvre vite la face diabolique de l’amour et de la cavale. Sous l’ivresse d’aimer à s’en damner affleure bientôt le roc de la dure réalité. Sans papiers, sans argent, il est bien difficile de se loger et tout simplement de vivre. Quant à Bill, l’amant schizophrène, impossible de compter sur lui. « C’est un robot à côté duquel nous vivons, (…) sans qu’il s’en aperçoive ». De faim, de désespoir, il lui faut donc se prostituer. « Chaque matin je vais à l’épicerie où les billets arrachés aux trémolos de vos tripes se changent en nourritures miraculeuses ».
C’est cette lente descente aux enfers dans l’Allemagne des années 60 que raconte Le Noir est une couleur. « Je suis passée de l’autre côté, celui d’où l’on ne revient plus. C’est si peu et c’est si grand ». Une Allemagne où les Noirs de l’armée américaine sont très nombreux. « J’ai toujours aimé les Noirs », dit la première phrase. « Le noir, couleur du mystère, s’inscrit dans l’ombre de toutes choses et les pénètre comme un philtre, les ramenant à la grande nuit des origines....

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