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Poésie Instant perpétuel

juillet 2005 | Le Matricule des Anges n°65 | par Thierry Guinhut

Avec quelques mots nus, mais avec ce qu’il faut de souffle, Juan Jamon Jiménez parvient au poème. On devine que la fulgurance de l’inspiration et la rigueur du travail de celui qui élague au plus juste a permis cet équilibre entre le vers libre, la sensation et la disposition métaphysique.
Né en 1881 et mort en 1958, ce grand lyrique espagnol, bien trop peu connu en France, a nettoyé la poésie de son temps. En effet, lourde d’une tradition baroque et académique, elle s’enlisait dans l’emphase et les clichés. Il suffit à Juan Jamon Jiménez de la simplicité et des images : « Comme avec des papillons,/ l’âme porte doucement/ sa chair frémissante/ au crépuscule indélébile. » L’œuvre, la femme et la mort, ainsi résumait-il son livre.
On pourra être peu sensible en sa foi en la transcendance, en un paradoxal « dieu immanent », mais on ne peut qu’être touché par son approche du mystère, son attention à la paix sensuelle d’un monde irrésolu et dans lequel cependant il a confiance. Et cela par une « Beauté » platonicienne qui donne sens au cosmos, à l’être et à l’écriture, par un accomplissement, une plénitude, malgré l’exil qu’il s’imposa en 1936 par fidélité à la démocratie.
Prix Nobel de littérature en 1956, cet « Andalou universel » connut la célébrité avec Platéro et moi, histoire d’un âne argenté. Il serait bon que la fidélité des éditions José Corti, après cinq recueils, dont Pierre et ciel et Fleuves qui s’en vont, permette de reconnaître la beauté dédiée « à l’immense minorité » de celui à qui allait si bien le seul métier de poète.

Beauté de Juan Jamon Jiménez
Traduit de l’espagnol par Bernard Sesé
José Corti, 216 pages, 17

Instant perpétuel Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°65 , juillet 2005.