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Poésie Diagonale du soufre

juillet 2005 | Le Matricule des Anges n°65 | par Richard Blin

Et le pourboire des anges

Un son, un rythme, du panache, de la gravité aussi, la poésie de Laure Cambau relève d’une verve aussi lucide que débridée et d’un sens souverain de la désinvolture assumée. « Laisse tes rêves/ géographie souterraine/ sur le tabouret// un homme à la coque/ daté à l’encre rouge/ sur la fesse gauche// pluie sur le laurier/ un crapaud sous la soutane/ ton corps à l’ouvrage// mon lit est un zoo/ le repos du voyageur/ épluché en silence ». Un droit à l’étrangeté revendiqué haut et fort, décliné avec de beaux accents d’intensité et conjugué à des désirs en migration ou à des appels à la tempête ou au faste. Ce qu’on lit, ce sont les poèmes d’un être qui écrit avec la liberté du nuage et le sourire de l’ange, un être qui voudrait ne connaître qu’à travers l’amour, l’écoute, l’ajustement, l’étreinte. Érotisme positif, fougue, façon d’habiter pleinement l’éclat de l’instant. « Au rayon frais/ j’ai pris attache/ sur un homme biface au sexe bleu et calme/ je l’effleure à peine/ et le voyant rouge s’allume,/ de la braise jaillit entre mes jambes ». Mais à la mélodie des corps dévêtus, aux saveurs qui s’affûtent, succède souvent la cambrure triste de l’âme dont rien ne désaltère le pas. Car enlacer l’inconnu jusqu’au rêve, jusqu’à ce qu’il cède, non par force mais par grâce, ne peut aller sans ambiguïtés ni désillusions. Mais c’est justement ce qui est beau, ici. Cette élégance dans l’absence de préjugés, cette façon de dire l’amour qui dénude cruellement tout en ouvrant à d’obscures mutations. Un recueil qui manque certes d’unité mais dont les failles font la noblesse, ce qui laisse préfigurer des pivotements prometteurs et des saisons à déplier avec ferveur.

Et le pourboire des anges ? de Laure Cambau
Éditions de L’Amandier (56, boulevard Davout 75020 Paris), 72 pages, 10

Diagonale du soufre Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°65 , juillet 2005.
LMDA PDF n°65
4.00 €