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Dossier Raymond Federman
Federman, le survivant

novembre 2005 | Le Matricule des Anges n°68 | par Thierry Guichard

Rescapé de l’holocauste, laissé à lui-même durant la guerre, Raymond Federman n’a eu de cesse de faire entendre, dans ses fictions la trace d’une expérience indicible. Mais le « frenchy » qui vit aujourd’hui à San Diego a su couvrir les cicatrices de « l’Impardonnable Énormité » du rire tonitruant de la vie.

S’il est un domaine où la France ne semble pas en retard sur les États-Unis, c’est bien dans la frilosité éditoriale. L’un des plus grands livres du vingtième siècle aura mis plus de trente ans pour traverser l’Atlantique. Si aujourd’hui, enfin, on commence à découvrir son auteur, Raymond Federman, on est encore loin de donner à son premier roman Quitte ou double (Double or nothing, 1971) la place qu’il mérite : la plus haute. Le mot « roman » ne convient pas pour évoquer ce livre fou, total, joyeux et grave, ludique et bouleversant. Il s’agissait pour l’auteur de planter les bases d’un nouveau genre, sur les cendres du vieux romanesque. L’urgence était là, historique et personnelle : les années 70 voulaient inventer un monde nouveau, l’enfant juif voulait s’y projeter emportant avec lui ses disparus.
Tentons de dire un peu ce qu’est ce livre : Quitte ou double est une sorte de monologue intérieur : un homme décide d’écrire l’histoire d’un jeune garçon qui arrive par bateau à New York. Ce jeune homme-là vient de France au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Notre romancier, pour mener à bien sa tâche, décide de louer une chambre et de s’y enfermer durant 365 jours. Il lui faut donc tout prévoir : un an de nourriture, mais aussi un an de produits divers comme les savonnettes (mot important), le papier hygiénique (rôle important), etc. Il lui faut calculer au plus juste l’utilisation de ses économies : il mangera exclusivement des nouilles. L’homme envisage donc les conditions de l’écriture. Mais il commence aussi à explorer les moyens que lui offre la langue pour raconter cette histoire. Par où commencer ? Peut-être faut-il saisir le personnage lorsqu’il est sur le bateau. Pourquoi pas avant ? Parce que le héros de notre romancier fait partie de « la génération des restes/ la génération réduite Ceux qui n’ont pas fini en abat-jour. » Le romancier le dit : « Je n’ai pas à m’étendre là-dessus mais c’est là en arrière-plan et ce sera toujours là On peut pas l’éviter même si on le veut Les Camps & Les Abat-jour « . C’est un livre difficile à citer : Federman bouleverse la mise en page, la typographie, le roman offre des pages spectaculaires, des grands blocs de prose auxquels succèdent des vides ou des arabesques de phrases. Roman visuel, il faut le voir, il faut le lire. La chambre où va s’enfermer l’écrivain renvoie bien sûr aux chambres à gaz ou au débarras dans lequel l’enfant s’est réfugié quand la milice est venue arrêter toute la famille : « Tout ramène à la chambre/ la chambre est au cœur de tout le truc/ sans la chambre on ne peut rien faire/ la chambre est centrale/ la chambre est le point de départ/ et la chambre est aussi le point final. ».
On l’aura compris, l’histoire que le futur romancier dévoreur de nouilles veut écrire, c’est la sienne, celle d’un rescapé de l’holocauste, qui va tenter en Amérique de vivre l’excès de vie que sa mère lui a offert avant d’être déportés, elle, son mari, ses deux filles : les quatre...

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