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Dossier Raymond Federman
La vie mode d’emploi

novembre 2005 | Le Matricule des Anges n°68 | par Thierry Guichard

C’est avec un appétit rabelaisien que l’écrivain américain marie vrais souvenirs et passé imaginé et nous donne à lire l’épopée de l’homme de plume. Sa langue jazzy et gouailleuse interpelle son lecteur pour en faire aussitôt, son interlocuteur. Une manière d’être ensemble.

Il ne lui faut pas longtemps à Raymond Federman pour tutoyer son interlocuteur. Et que celui-ci ne vienne pas avec des questions trop longues, l’écrivain ne lui laissera pas le temps de les finir. Ce n’est pas qu’il est bavard, comme il le dit, c’est qu’il est incroyablement vivant. Au fil de l’entretien, toutefois, se fait jour combien la parole vient chez lui recouvrir l’angoisse ou une vieille souffrance d’un voile de bonne humeur, de gaudriole presque. L’homme a choisi son camp : celui du rire et des histoires. Celui de la fiction. C’est une bonne manière de repousser plus loin le point final.

Vous interpellez le lecteur dans tous vos romans et vous instaurez un dialogue entre le « raconteur » et des voix qui l’interpellent. Instaurer un dialogue vous est nécessaire ?
J’ai besoin de quelqu’un qui m’écoute, dans ma vie mais aussi quand j’écris. Je veux qu’on m’entende. Quand je faisais des ateliers d’écriture, je disais à mes étudiants : « Je veux que vous lisiez vos textes dans la salle de bains devant un miroir et que vous vous écoutiez ». L’oreille est très importante pour moi. Je me lis à haute voix.
Mon bon chien Samuel Beckett s’allongeait à côté de moi et je lui lisais mes trucs ! J’ai ce besoin de parler à quelqu’un. J’ai besoin qu’on m’entende, alors je m’invente des écouteurs professionnels comme dans La Fourrure…, et ça permet à mon langage de se développer. Je ne peux pas parler dans le vide. Je ne peux pas écrire si je ne suis pas présent en train de me regarder écrire, de m’écouter écrire. C’est peut-être plus profond que ça. Je ne peux pas séparer la parole de l’écriture. Donc j’invente une espèce de dialogue.

Les interlocuteurs, parfois, forment comme un tribunal. Ils jugent les digressions de Federman, etc. Ne jouent-ils pas le rôle de la conscience et ne sont-elles pas, ces voix qui interviennent, les voix des quatre disparus de votre vie ?
Absolument. Ce sont des fantômes à qui il faut que je raconte mes histoires. Le mot tribunal est peut-être juste.
Je n’écris pas pour moi, j’écris pour parler à quelqu’un.
On a ignoré mon travail pendant longtemps alors je me suis inventé un public. J’anticipe aussi ce qu’on va dire du livre, je sais qu’on va m’accuser de mal écrire, que ce n’est pas parfait ce que j’écris, alors je fais intervenir les critiques directement dans le livre et puis je les engueule : « vous n’avez rien pigé » ou parfois ce sont eux qui m’engueulent. Ça me permet de rire d’eux.

Toute votre œuvre est née d’une scène traumatique : la déportation de vos parents et de vos sœurs alors que votre mère vous avait caché dans le débarras. Or, ce traumatisme-là n’est guère décrit.
C’est le trou. C’est l’absence qu’on a en soi. En anglais, on a le mot « womb » qui signifie le ventre, le sein de la mère, dans l’expression porter un enfant en son sein. Et puis il y a le mot « tomb » qui est la tombe. Je joue sur ces deux sonorités, ces deux mots...

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