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Vie littéraire Le train a sifflé quatre fois

février 2006 | Le Matricule des Anges n°70 | par Thierry Guichard

Quatre écrivains et quatre peintres inaugurent les éditions du Chemin de Fer par autant de livres à glisser dans les poches.

Tout commence par la lecture, le plaisir du partage, l’amour de l’art. François Grosso aime la littérature contemporaine. D’avoir travaillé pour Albin Michel, avant d’enseigner le français à des adultes étrangers, lui a donné quelques notions d’édition. Renaud Buénerd, lui, est graphiste et artiste peintre. Tous les deux aiment extraire des livres qu’ils apprécient des textes qu’ils recopient, autour desquels Renaud peint, qu’il illustre. Ce sont des livres singuliers, des cadeaux pour les amis qu’ils font ainsi. Clotilde Bocquet, formatrice, se joint à eux et les trois décident un jour de professionnaliser cette pratique.
Nées sous forme associative en décembre 2004 (90 adhérents aujourd’hui), les éditions du Chemin de fer ont sorti leurs premiers ouvrages en novembre dernier soit onze mois plus tard. Le temps de se réunir, de choisir les écrivains, leur écrire et attendre leurs textes. La politique éditoriale de la maison, illustrée par le slogan « vous voyez ce que je veux dire ? », consiste à associer le travail d’un peintre (et pas d’un illustrateur) à celui d’un écrivain. Rien de totalement original dans cette démarche : nombreux aujourd’hui sont les éditeurs qui marient ainsi l’art visuel et le texte. L’une des singularités des quatre titres parus réside dans leur format de poche (10,5x18 cm). Une modestie qui tranche avec l’importance accordée aux illustrations auxquelles s’offre parfois la possibilité de se déplier hors du format du livre.
Chaque projet éditorial part d’abord d’un texte demandé à « un auteur de notoriété établie » qui est ensuite soumis à l’interprétation d’un peintre, d’un dessinateur. C’est dire que les œuvres picturales sont créées spécifiquement pour le livre. Les quatre premiers écrivains sollicités n’ont pas forcément toute la notoriété qu’ils mériteraient : Pierre Autin-Grenier, Henry Bauchau, Arnaud Cathrine et Annie Saumont ne sont toutefois pas des inconnus. Le premier ne livre pas un texte inédit : Là-haut (60 pages, 15 ) est en fait une nouvelle rebaptisée tirée du recueil épuisé L’Ange au gilet rouge (Syros 1990). Son titre initial était « La Baraque bleue sur la colline ». Les éditeurs ont oublié de le signaler… Si l’inédit n’est pas au rendez-vous, Pierre Autin-Grenier se dédouane en apportant avec lui le talent et les couleurs de Ronan Barrot qui illustre cette nouvelle. Ses toiles, aux traits épais où s’inscrit la matière même de la peinture, font écho à l’atmosphère lourde du texte.
Henry Bauchau, quant à lui, offre avec En noir et blanc (60 pages, 15 ) quatre nouvelles dont une est extraite de son roman L’Enfant bleu (Actes Sud, 2004). À ses nouvelles dont l’apparente simplicité débouche sur des notes cruciales, son ami Lionel D. a posé les accords de sa palette. Dessinateur et peintre, personnage de L’Enfant bleu, ses illustrations effeuillent tour à tour l’évidence et le mystère.
Arnaud Cathrine aussi a choisi « son » peintre : Catherine Lopès-Curval développe des images narratives, proches de l’illustration mais où règne une poésie étrange qu’éclairent les corps des deux protagonistes de la nouvelle. Les Histoires de frères (60 pages, 15 ) rend assez bien l’ambiance propre à Arnaud Cathrine : une histoire de deuil, d’amitié masculine embarrassée, de non-dits. Les images de l’artiste parviennent à capter ça, ce silence, dans la fixité des corps.
Le trio éditorial a retenu en revanche le peintre Vincent Bizien, associé à la nouvelle d’Annie Saumont, Un mariage en hiver (48 pages, 14 ). Le dessin aux traits naïfs se mêle à la peinture comme si l’un venait contredire l’autre. Cela correspond au récit, par croisements de voix, d’une noce où, si l’heure est à la fête, les discussions sont aux ragots.
Aucun des quatre livres n’est donc à proprement parler « illustré » par les artistes : ceux-ci jouent en échos aux textes qu’ils accompagnent. C’est dans cet entre-deux aussi que le lecteur peut, à son tour, ébaucher une lecture subjective. Imprimés en quadrichromie, « pour rendre hommage aux artistes », les ouvrages ne sont pas destinés aux bibliophiles. L’équilibre entre beau livre et livre de poche n’est certainement pas facile à trouver mais il signe le désir de partage.
Auto-diffusées en librairies, les éditions du Chemin de Fer n’annoncent aucune nouvelle parution avant novembre prochain mais espèrent pouvoir proposer quelques rendez-vous aux lecteurs qui iront sur leur site Internet. À commencer par les expositions de Ronan Barrot (Galerie Eric Mircher 26, rue Saint-Claude 75003 Paris) jusqu’au 28 février et jusqu’au 26, celle de Vincent Bizien (Galerie Trafic 44, rue Jules-Vanzuppe 94200 Ivry-sur-Seine).

* Les éditions du Chemin de Fer Cours Rigny 58700 Nolay www.chemindefer.org

Le train a sifflé quatre fois Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°70 , février 2006.
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