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Vie littéraire La Canaille est de retour

mars 2006 | Le Matricule des Anges n°71 | par Philippe Savary

L’écrivain de polars Jean-Jacques Reboux monte une nouvelle structure d’édition, Après la lune. Elle tentera de la décrocher avec des crimes odieux, des textes inclassables, et surtout des souvenirs d’enfance.

L’idée est d’éditer et de vendre de bons livres en s’amusant », explique Jean-Jacques Reboux. On le croit sur parole. Le site web de la nouvelle maison qu’il dirige recense les professions de ses 29 associés, parmi lesquels « un dératiseur ». Et avertit les auteurs en herbe qu’Après la lune ne publiera pas d’ « ouvrages de nature à propager la connerie humaine ».
Ce natif de la Mayenne n’est pas à son coup d’essai. S’il fut dans une autre vie dompteur de poules (et donc postulant pour un strapontin au cirque Pinder), instituteur, ouvreur de cinéma, postier, il entra dans le petit milieu du noir par l’édition. En 1992, Reboux fonde Canaille pour publier son propre manuscrit qui n’avait pas l’heur de plaire ailleurs. À cette enseigne, reprise ensuite chez Baleine, il édita une soixantaine de titres dont le fameux Spinoza encule Hegel de Jean-Bernard Pouy (plus de 30 000 exemplaires vendus). En 1998, Baleine tangue, il est licencié. Mais les polars qu’il écrit continuent de s’afficher au fronton des catalogues de Gallimard, Le Seuil, Flammarion… De 2001 à 2004, il animera des ateliers d’écriture dans le « 93 », « là où ça a brûlé » en novembre dernier.
Le projet a germé il y a dix-huit mois. Ses copains écrivains l’encouragent. « De toute façon, je ne sais faire que ça… » Grâce à une souscription et l’aide d’associés, il rassemble 70000 e. Son imprimeur normand lui loue des bureaux pour pas cher. L’ancien diffuseur de Canaille lui fait confiance. « Je suis plutôt d’un tempérament pessimiste. Mais là j’y crois. C’est un coup de folie raisonné. » Le 19 mars, Après la lune lancera donc en librairies ses premiers livres : quatre titres de la collection « La maîtresse en maillot de bain », signés Hervé Jouan, Dominique Sylvain, Yasmina Khadra… et Jean-Jacques Reboux. « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Il y a tellement de livres qui sortent et dont les éditeurs ne s’occupent pas. » L’esprit de la collection s’apparente à une madeleine. Chaque écrivain doit se réapproprier un souvenir d’enfance ou d’adolescence, « vrai ou faux peu importe ». Le texte est nécessairement court (à peine 60 pages) puisqu’il paraît en format poche (au prix de 6 ). Seize titres inédits (tirés à 6000 ex.) sont prévus par an. La Rose de Blida de Yasmina Khadra peut servir de modèle : l’écrivain y évoque ses années d’internat dans une école militaire, et son amour platonique pour une femme entr’aperçue « belle comme un rêve impossible ». C’est plutôt réussi, drôle et souvent poignant. Pour l’instant, « La maîtresse en maillot de bain » ne publie que des textes de commande. Contrairement à l’autre collection (semi-poche) qui ouvrira ses portes en avril, intitulée « Lunes blafardes » et accueillera des romans policiers. « Le terme policier s’accommode mal avec le terme littérature, rectifie Reboux. Je préfère parler de littérature criminelle comme en Allemagne ou en Pologne. Ces romans sont avant tout peuplés de victimes et d’assassins ». Des textes de Sylvie Rouch, Olivier Thiébaut ou encore Sylvie Cohen sont au programme.
Quand Reboux reprend de l’activité, il ne fait pas les choses à moitié. Une troisième collection verra également le jour en mai, « puisque passé la lune, il n’y a plus de limites ». Elle publiera des romans ou des essais inclassables et « engagés ». Reboux prépare notamment un livre qui lui tient à cœur : « Chômeurs, qu’attendez-vous pour disparaître ? ». Cet ouvrage, qui rassemble des témoignages de colère, n’est pas une fiction. L’histoire a circulé sur internet, et prêterait à rire si elle n’était effarante. Le 13 décembre 2005, Reboux est convoqué pour un entretien individuel dans une ANPE du 9e arrondissement de Paris. Surprise : sur place, l’écrivain se retrouve en compagnie de 56 autres chômeurs de longue durée. La bonne nouvelle sera collective : tous apprennent qu’ils commencent un stage de dix semaines… le lendemain matin à Montrouge ! « J’ose espérer que ce n’était qu’une grosse bourde. Reste que la plupart des agents de l’ANPE ne supportent plus la tâche de contrôle social qu’on leur assigne », conclut l’éditeur. Cette troisième collection s’appelle « Tous les possibles ».

* Édtions Après la lune 153, avenue d’Italie 75013 Paris www.apreslalune.com

La Canaille est de retour Par Philippe Savary
Le Matricule des Anges n°71 , mars 2006.
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