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Poches Les démons démunis

juin 2006 | Le Matricule des Anges n°74 | par Philippe Savary

Deux romans ont révolutionné, par leur réalisme critique, la littérature espagnole de l’après-guerre civile : La Famille de Pascual Duarte (C.J. Cela) puis Nada de Carmen Laforet (1921-2004). Paru en 1944, récompensé par le premier prix Nadal, ce récit autobiographique est une plongée « diabolique » dans l’atmosphère accablante des années franquistes. Andréa, 18 ans, débarque à Barcelone pour rejoindre les bancs de l’université. Éprise de liberté, elle cherche à se frotter au monde qui l’entoure. Mais ce qui l’entoure, ce sont les murs de la maison familiale où elle est accueillie. Andréa y découvre une bourgeoise rance et appauvrie. À tous les étages, c’est l’enfer : un oncle qui frappe sa femme, une grand-mère infantile, un autre oncle, artiste aigri et démoniaque, une tante accrochée à sa morale catholique, tel un oiseau sombre et vieilli « pour avoir longtemps volé dans un coin de ciel trop petit ». Animée par des pulsions sadiques ou autodestructrices, toute la famille se torture, s’agite, complote, sur fond de secrètes rancœurs. Andréa tentera d’échapper à cet « arôme de mort » grâce à sa seule amie, la belle Ena, qui l’initie aux plaisirs de la vie de bohème.
Dans ce huis clos angoissant (« on se meut toujours dans le même cercle, quoi qu’on fasse pour en sortir »), ce sont les figures du mal qu’interroge la plume intranquille de Carmen Laforet. Un mal qui a pour visage la religion ou l’immobilisme d’une société oppressante, mais qui se déploie aussi dans la part sombre de la nature humaine. La douce Andréa trouvera malgré tout, lors de cette lente dérive existentielle, la force de poursuivre son chemin émancipateur, alors que tombaient « de lents coups de cloche qui vieillissaient encore la ville ».

Nada de Carmen Laforet, traduit par M.-H. Peignot et M. Pomès, Le Livre de poche, 318 pages, 6,50

Les démons démunis Par Philippe Savary
Le Matricule des Anges n°74 , juin 2006.
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