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Entretiens L’odyssée de l’espèce

octobre 2006 | Le Matricule des Anges n°77 | par Philippe Savary

Avec Héléna Marienské, les vieux, même vieux, sont toujours bien vivants. Contre le sort indigne fait au grand âge, elle compose et invente une épopée hilarante où la fiction prend infiniment de liberté avec le réel.

Rhésus

Raphaëlle, 82 ans, vient d’être placée contre son gré dans un hospice. Elle s’apprête à y couler ses derniers jours, pense-t-on malheureux. On s’attend à du prévisible : que les pages clapotent dans la routine et la solitude. Du reste, « il faut être raisonnable, à nos âges, non ? », juge l’octogénaire. Sauf que Héléna Marienské, l’auteur de ce premier roman émouvant et franchement drôle, a les ressources explosives du maître artificier. Car en coulisses, derrière le ballet des robes de chambre et celui des corps qui flanchent, se prépare une joyeuse révolution. Contre l’ennui, l’abandon, les idées reçues et l’ordre établi.
« Il faudrait les filmer, tous ces croulants qui caquettent », dit encore Raphaëlle. Puisqu’on nous y invite. Il y a Céleste la lesbienne, l’ex-vedette des Lettres, primée un temps au Renaudot, et qui rata le Goncourt parce qu’ « un petit monsieur bien en cour (…) avait gourmettement léché tous les anus qu’on lui avait tendus ». Elle se shoote aux jeux vidéos, raffole des films porno, et collectionne des armes de 1ère catégorie. Il y a encore Hector le bolchevik, l’heureux gagnant du Loto dont la cagnotte sert à améliorer l’ordinaire des pensionnaires.
À tour de rôle, chacun raconte sa version des événements. Car événements il y a. Le scandale pointe aux portes du « Manoir » : les mœurs amoureuses de Raphaëlle affolent les règles de bienséance. L’hospice prend des airs de camps de vacances, puis de champ de bataille, car on y invente de « séniles transgressions ». La presse s’emballe, la République réagit. Les mutins se barricadent, utilisent des pièges à l’huile bouillante pour repousser le Raid. Jusqu’au bouquet final. Ici, on est plus près du burlesque que du cercueil.
Six narrateurs donc, pour autant d’exercices de styles : Raphaëlle, Céleste, Ludovic l’infirmier, Dhorlac l’académicien dépêché sur place, un certain producteur, Witold, qui donnera une des clés inattendues à ce rubiscube romanesque et pour conclure « D’après moi ». Le dispositif, qui n’est sans rappeler la féroce comédie gériatrique de B.S. Johnson (R.A.S. infirmière-chef, Quidam, 2003), agit comme un miroir déformant. Qui dit la vérité ? Comment interpréter ce qu’on vit ? Le roman tourne à la géniale farce quand surgit Rhésus, un singe bonobo. On ne sait d’où s’il s’est échappé. Peu importe. Le principe de réalité joue à colin-maillard. Mais on découvre vite que l’intrus, « hippy, poilu et partouzard », est un peu plus qu’un animal aux yeux des résidents. Il est à la fois « leur godemiché, leur baume et leur canne. » Il suffit que le chimpanzé cajole ces cœurs délaissés pour que la mort recule. Et de quelle façon ! Il y a du Michel Audiard, des airs de Barry Lindon et des scènes de La Grande bouffe dans ce texte iconoclaste et subversif, dont la construction, brillante, s’apparente à de l’horlogerie suisse. Les anciens prendront-ils le pouvoir ? Un indice : on apprend en 2013 « la sodomie et l’assassinat, filmés en direct, de...

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