La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Bibliothèque meurtrière

octobre 2006 | Le Matricule des Anges n°77 | par Thierry Guinhut

Les Brumes du passé

Un tel titre ne rend guère justice à la richesse de ce roman. Certes, il y a place pour la nostalgie lorsque ressurgit une histoire vieille de quarante ans, des amours passionnées et éteintes, une île cubaine autrefois prospère et gangrenée par la mafia et la dictature de Battista. Mais c’est aussi un hymne ému à la beauté des livres, en même temps qu’un tableau des difficultés considérables éprouvées par ceux qui vivent sous la botte castriste, quoique le régime ne soit que pudiquement suggéré. Mario Conde, ancien inspecteur de police, s’est reconverti dans le commerce des livres d’occasion et anciens. Une activité peu reluisante, quand on se débarrasse de tout luxe, de tout loisir et culture, pour simplement manger à sa faim. Et c’est là qu’il éprouve l’émotion de sa vie : une somptueuse bibliothèque oubliée où dorment les rares grands classiques de l’édition cubaine. Mais aussi un article sur Violeta del Rio, belle chanteuse, mystérieusement suicidée… Elle aurait été aimée sans espoir par le père de Mario Conde et par le richissime homme d’affaires qui abandonna ses trésors de bibliophile. Du passé, jaillissent une nouvelle enquête, de nouveaux meurtres et agressions, des personnages marqués par le temps. Même dispersée, seule la bibliothèque conservera une aura magique. Si le constat politique n’épargne pas la dictature pré-castriste, la déréliction de l’actuel pouvoir est ici marquée par les anti-héros adonnés aux privations, par une nouvelle classe de rapaces qui prospère grâce à une économie souterraine faite de magouilles et de corruptions. Le sentiment d’humanité de ce roman est aussi attachant que le suspense de l’enquête.

Les Brumes du passé de Leonardo Padura
Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas, Métailié, 360 pages, 21

Bibliothèque meurtrière Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°77 , octobre 2006.
LMDA papier n°77
6.50 €
LMDA PDF n°77
4.00 €