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Dossier André Blanchard
Banlieue dissidente

février 2007 | Le Matricule des Anges n°80 | par Philippe Savary

Écrivain sous le manteau, domicilié à Vesoul, réfractaire au genre dominant (le roman), André Blanchard est un chroniqueur redoutable pour peindre son paysage intérieur, et celui de ses contemporains. Habile greffier de ses pensées noires et acides, il publie de nouveaux Carnets.

C’est avec un certain raffinement désabusé qu’André Blanchard cultive l’art du paradoxe. Voilà un auteur d’écrits intimes, or c’est sur lui qu’il aime le moins écrire. Voilà un homme qui apprécie plus que tout la tranquillité, la solitude, or un rien lui tourne les sangs. Voilà quelqu’un qui s’auto-proclame avec ironie « l’écrivain le moins lu de France », or il ne fait aucun effort. Voilà une plume buissonnière qui a du talent et du mordant, or elle ne se lisait jusqu’à présent que dans la périphérie de l’édition. Et puis, André Blanchard remplit des Carnets, c’est sa spécialité, sa gymnastique du matin, dans lesquels il rumine son quotidien - drôle de genre pour faire son trou : commencer par là où les autres finissent. Mais « je n’ai aucun mérite à révolutionner ainsi la stratégie, notait-t-il en 1990, cette manière d’avancer à reculons m’est innée. » Au pays des dilettantes, Blanchard serait roi. À la bourse aux valeurs, il mise sur le désintérêt, le je-m’en-foutisme, plutôt que sur la vanité. Et passe en douce sa petite marchandise, loin des salles de marché. Blanchard ne fait pas carrière, juste l’escargot ou l’autruche, et le fait bien. C’est un cas. Le jour de gloire serait-il toujours en retard ? s’amuse même l’écrivain, jamais avare d’un bon mot, lui qui rêve secrètement d’atteindre les deux mille lecteurs. On conviendra que titrer des volumes, Messe basse ou Impasse de la défense, n’est pas le mieux pour attirer la foule. Pourtant, il a eu droit à son quart d’heure, et davantage.
En 1992, Angelo Rinaldi consacre dans L’Express une page enthousiaste à De littérature et d’eau fraîche, son deuxième livre de Carnets. C’est le début d’une petite notoriété. Michel Polac prend le relais. Les rédactions parisiennes s’entichent de cet original. N’empêche : l’inconnu de Vesoul le restera ailleurs. Fâché avec les projecteurs, il refuse de se montrer. Et surtout, son éditeur oublie de faire son travail, en matière de diffusion. Six livres seront publiés chez Erti, de 1992 à 2004 : aucun ne dépassera les 350 ventes… Erti, parlons-en : une maison « sans pedigree » et « sans correcteur », spécialisée en gastronomie et régionalisme. Ce mariage de la carpe et du lapin n’avait rien de forcé : l’écrivain, qui cherchait un boulot, rencontre un jour l’adjoint à la culture de Vesoul, avec pour seul CV sous le bras, son premier livre, Entre chien et loup. L’élu se révèle être directeur commercial d’une maison d’édition. Coup double : cet amateur de Pessoa lui propose un emploi et devient son éditeur. Pendant plus de dix ans, Blanchard publie donc « au raccroc » sous cette étonnante enseigne, qui alterne les comas, les risques de faillite, et les fantaisies, dont la plus belle aura été de vouloir sponsoriser l’un de ses ouvrages par les hypermarchés Cora… Devant le spectacle, le bonhomme aura bien tenté une année, timidement, réveillé par l’orgueil, de frapper à d’autres portes, plus prestigieuses : L’Arpenteur, Manya, ou encore Le Mercure de...

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