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Domaine français Le non du père

avril 2007 | Le Matricule des Anges n°82 | par Jérôme Goude

Géographie des origines

Pour une kyrielle d’écrivaillons, écrire sur soi se limite à la résolution d’une équation sans inconnue. À mille lieux de cette candide et non moins fallacieuse transparence à soi, Annie Cohen flirte avec le « trou du souvenir » en élaborant une œuvre dans laquelle le geste autobiographique est l’objet d’une réécriture constante. Géographie des origines est le nouvel espace où s’articule cette inclinaison : maintes références à des textes antérieurs y sont insérées sous forme d’autocitations. Géographie des origines, comme Le Marabout de Blida (Actes Sud, 1996) et le petit fragment mnésique « Viridiana mon amour » publié dans le collectif Une enfance algérienne (Folio, 1999), interroge sans mièvrerie aucune le lien paradoxal à la terre nourricière : « Sèbba-leb-idis, ma ville lue à l’envers, je veux dire de droite à gauche : eirégla déréglée. Algérie pour toujours déréglée. On répète. On le répète. »
Cet ultime opus est en quelque sorte le pendant de l’entêtant Bésame mucho (Gallimard, 1998) : le masque hiératique du « patriarche athée » succède aux aspérités sacrificielles de la figure maternelle. Un père s’y dessine qui s’obstine à taire cette voix dans laquelle est tapie « celle des martyrs dans les wagons plombés, sous les douches ». Sidérée par la persistance du « verbe antisémite » et habitée par la « question juive », Annie Cohen semble s’être construite à partir de ce nœud œdipien. Sa parole, lyrique et prosaïque, s’enroule autour du vide silencieux de l’ « interdit » paternel.
Véritable manifeste du « désir d’écrire », Géographie des origines exprime aussi le désir d’un (impossible ?) affranchissement : pouvoir « se libérer des origines pour élaborer sa loi », et ce parce que le « trou de l’origine s’agrandit à mesure que l’écriture se fait » et qu’ « aucune terre ne nous est promise »

Géographie des origines d’Annie Cohen
Gallimard, « Haute enfance », 123 pages, 15,50

Le non du père Par Jérôme Goude
Le Matricule des Anges n°82 , avril 2007.
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