La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Événement & Grand Fonds Un air de fantômes

octobre 2007 | Le Matricule des Anges n°87 | par Sophie Deltin

Magnifique portraitiste de son grand-père qui n’a jamais cessé de le hanter, le romancier allemand Stephan Wackwitz brouille les lignes de partage du temps, et explore à sa manière, mystérieusement délicate, la complexité des liens entre les générations.

Recevoir une histoire, c’est toujours recevoir quelque chose qui nous lie volens nolens à notre propre famille - à son passé. De là à la faire valoir, fût-elle par la mise à distance que permet la fiction, c’est ce pas que franchit Stephan Wackwitz, né en 1952 à Stuttgart. Disons-le d’emblée, son livre, remarquable d’intelligence autant que de finesse, n’est pas tant un roman-enquête de plus, sur une faute ou un crime familial qu’il faudrait assumer, du côté des bourreaux ou de celui des victimes, mais un « roman familial », au sens freudien du terme, qui au-delà du seul récit personnel, s’impose comme une allégorie de l’histoire collective allemande.
C’est un hasard miraculeux qui pousse l’écrivain à revisiter les souvenirs de sa famille : la restitution, soixante ans plus tard, d’un appareil photo, ayant appartenu à son père, perdu en 1939 sur le navire qui ramenait sa famille d’Afrique en Allemagne et qui fut bombardé par les Anglais. Si aucune « révélation » n’a surgi de la pellicule désagrégée, emportant du même coup dans le néant les « quelques fractions de seconde de la première année de la guerre », a émergé l’envie de « voir plus clair » dans cette chambre noire d’un passé obscur. Aussi Stephan Wackwitz a-t-il misé sur l’imagination et la mémoire pour s’affronter au manque et créer de la lumière là où, à l’instar de nombreuses familles allemandes des années 60, un « petit silence significatif » s’était insinué dans les conversations du soir à table. Outre le silence du père, c’est surtout le regard du grand-père dont le narrateur se souvient à avoir dû affronter - une « mélancolie dangereuse et singulièrement voilée » qu’il ne pourra manquer de comparer avec « le rayonnement fossile émis par la Première Guerre mondiale » sur la société allemande et l’évolution de sa propre vie. « Mon grand-père ne voulait rien avoir à faire avec moi » résume-t-il d’une formule définitive, comme si son identité profonde - celle d’un enfant effrayé devant cette figure inquiétante d’étrangeté toujours côtoyée mais jamais éclaircie - s’en était trouvée en permanence et sa vie durant, douloureusement remise en question. « Ainsi, conclut-il, ai-je pu l’observer, et je l’ai fait en détail et sans pitié. »
Quel héritage pour un petit-fils d’une société coupable du « crime du siècle », et que faire de la « solidarité » dont on hérite (les gènes, les souvenirs), sans qu’il ne soit pas illégitime de chercher à s’en créer d’autres, intellectuelles ou émotionnelles, qui « fasse(nt) contrepoids » ? Comment accepter à quoi, à qui l’on doit son origine, sans essayer de jeter un pont vers ce que l’on réprouve et ce dont on a honte - en l’occurrence, ce grand-père énigmatique, aigri et insensible, un ancien vétéran de la Grande Guerre qui a participé au putsch de Kapp contre la République de Weimar et n’a jamais caché, ni renié, ses idées « national-autistiques » ? À partir des Mémoires écrits par Andreas Wackwitz, le grand-père du narrateur, on...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°87
6.50 €
LMDA PDF n°87
4.00 €