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Dossier Nimrod
À la recherche d’une terre perdue

mars 2008 | Le Matricule des Anges n°91 | par Thierry Guichard

Revenant sur la guerre au Tchad à travers son alter ego des Jambes d’Alice, Nimrod livre un roman impressionnant de force. Son écriture déploie tout l’arsenal de la littérature, contre la barbarie des armes.

Dans ce deuxième volet de la trilogie, le lecteur retrouvera le narrateur des Jambes d’Alice. Il y apparaît plus mûr cependant au point d’avouer d’entrée : « Les pieds des Kimoises ne m’excitent plus ; la poésie de la poussière a vécu. » Il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir lu le précédent roman de Nimrod pour entrer dans Le Bal des princes. L’intrigue n’en est pas l’essentiel. Nous sommes au Tchad, dans le pays kimois. Le narrateur, enseignant, se retrouve dans la situation du personnage d’Isabelle de dos de Jacques Serena. Revenu chez lui après vingt jours d’errance liée à l’état de guerre du pays (et à ses amours avec Alice), il se voit pour le moins boudé par sa femme, Maureen. La belle a du tempérament et la colère chevillée au corps : « Sa peau, chaque pli de ses vêtements protestent. » Pour fuir l’orage conjugal, ou obéir à un désir d’Histoire, notre homme décide de retourner vers le front des combats, à Éré où vit sa grand-mère. Ainsi, par personnage interposé, Nimrod peut-il depuis la France traverser son pays perdu, le reconstituer grâce à une très grande variété de couleurs lexicales. Ce sont là de belles pages de liberté, la « liberté d’un homme triste » chanteur de blues, amateur d’arbres. Il apprend en cours de voyage que le colonel Degoto s’apprête à arriver également à Éré. L’officier de l’armée gouvernementale avait lancé une contre-offensive victorieuse contre les forces d’Hassane-Hissène (entendez : Hissène Habré) boutant hors d’Éré la coalition du Nord. Moment historique pour le village que cette visite à laquelle notre héros fait plus qu’assister : le colonel le remarque et lui confie une mission : qu’il aille l’attendre à Bongor. Nous sommes en juin 1979.
Entre chaque événement (retour à Kim, colère de Maureen, arrivée à Éré, rencontre avec le colonel), Nimrod déploie une langue d’une beauté dense, propre à retranscrire tout à la fois le paysage et les sensations du personnage. Comme il le faisait déjà dans Les Jambes d’Alice, le récit s’offre aussi la possibilité de discourir sur les fleurs, le fleuve, la littérature avec une acuité qui n’exclut pas la musicalité des phrases. Il en sera ainsi tout au long de ce roman. Nimrod, avec tout l’éventail d’un lexique qui s’étend jusqu’au latin, pose sur le chaos tchadien un regard à hauteur d’homme. Rien, ici, n’est expliqué. Rien ne nous est asséné. On avance dans l’éparpillement d’un monde qui a perdu le sens avec la même profondeur de champ que notre Candide. Candide en matières militaires, mais homme d’une culture universelle, impressionnante. Le colonel et lui forment un couple façon carpe et lapin. Homme à femmes qu’il aime « comme on s’imagine que seul pourrait le faire un boucher » et qu’il consomme en peignoir (« Ce ne sont pas des manières ! Car sous la douceur du peignoir s’excite le gland du colonel »), le colonel ne déteste pas non plus humilier ceux qu’il reçoit dans le même apparat : « le colonel s’est avancé vers moi (…). Je ne pouvais aller à lui,...

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