La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poches Une journée particulière

mars 2008 | Le Matricule des Anges n°91 | par Franck Mannoni

Fenêtres sur rue

Fenêtres sur rue

Jon McGregor (né aux Bermudes) manie la langue sans brusquerie dans ce qui s’apparente à un long poème en prose. Fenêtres sur rue est un remède à l’anonymat des villes et une déclaration d’amour aux individus qui les habitent : une synthèse entre l’architecture bétonnée et l’humain. « Dans un moment rare et sacré, pris entre les couche-tard et les lève-tôt, tombe un silence miraculeux ». La ville perd sa dimension fonctionnelle pour devenir un organisme dont le souffle enfle « comme un chœur, décroissant et croissant avec les variations du vent, le contre-chant et le solo, l’harmonie qui bourdonne en attente d’autres voix ». « C’est une pause qu’il faut savoir savourer car le monde va bientôt se compliquer à nouveau ». Dans la rue, un enfant au tricycle passe et repasse, effectue le lien entre tous les personnages dont nous découvrons l’intimité. McGregor crée une géographie des âmes. Le vieil homme du numéro 20, celui qui se sait condamné, voit par sa fenêtre la sœur des jumeaux qui « parle avec la fille de l’homme aux mains abîmées, elle lui dit tu sais je vois des anges, quelques fois, juste comme ça ». Elle-même aperçoit du coin de l’œil le « garçon chevelu aux bras écorchés » devant le numéro 23 qui, lui aussi, a son histoire : une mise en abîme. Les individus perdent leurs noms qui les définissent habituellement : leur identité naît de leur parcours, une richesse invisible : « Je ne comprends pas comment nous pouvons être tellement occupés et n’avoir rien à nous dire ». En filigrane, une femme cherche à rompre sa solitude, à faire face au séisme qui vient de faire vaciller sa vie. C’est grâce à son mode de vie urbain et aux quelques relations qu’elle a tissées qu’elle parvient finalement à trouver un peu réconfort. Un besoin vital pour les citadins, « papillons battant des ailes pour s’échapper des mailles d’un rideau ».

FenÊtres sur rue de Jon McGregorTraduit de l’anglais par Anne Damour
Rivages, 289 pages, 9

Une journée particulière Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°91 , mars 2008.
LMDA papier n°91 - 6.50 €
LMDA PDF n°91 - 4.00 €