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Dossier Antoine Emaz
“ De l’air ! “

mai 2008 | Le Matricule des Anges n°93 | par Thierry Guichard

Ses poèmes sont des essais de marquer le temps perdu, d’en extraire une émotion enfuie. Si Antoine Emaz ne croit guère en la postérité de son œuvre, du moins est-il assuré de la nécessité qu’il a de l’écrire. Tentative de mise au jour.

Même si avec Lichen, lichen, il a prouvé qu’il savait parler de l’écriture poétique, Antoine Emaz se méfie de tous les discours qu’on peut faire sur la fabrique de poésie. C’est probablement que s’il pouvait dire l’indicible, il n’aurait plus besoin d’écrire. L’homme ne fuit cependant pas les questions ; c’est juste, peut-être, qu’il ne croit en aucune des réponses qu’il pourrait apporter. Puisque, aussi bien, ses poèmes sont les seules réponses qu’il possède.

Votre premier livre, En deçà, s’ouvre par deux exergues, ce qui est rare chez vous : le premier de Van Gogh : « on ne saurait toujours dire ce que c’est qui enferme, ce qui mure, ce qui semble enterrer (…) » et l’autre de Paul Klee : « une seule chose est vraie : dans le moi, un poids, un caillou ». Ces citations inaugurent toute l’œuvre à venir. N’indiquent-t-elles pas l’origine de votre poésie ?
Oui. C’est quelque chose de tout à fait originaire. J’ai l’impression d’avoir un « moi » très fragile et d’avoir une vie qui n’est pas facile. Ce qui me frappe dans vivre, c’est l’empêchement, c’est l’obstacle. Le fait de vouloir quelque chose et de ne pas pouvoir l’obtenir, ne pas pouvoir y arriver. C’est quelque chose de l’ordre de l’insatisfaction de soi. L’écriture va soulager ça, va redonner de l’air là où il n’y en a plus.
Cette expérience de l’obstacle, de l’empêchement, on la retrouve dans l’image du mur ou celle de la boue. C’est cette idée d’être coincé. On ressent ça aussi face à l’Histoire. L’Histoire se répète avec les mêmes conneries, les mêmes massacres, les mêmes injustices : ça ne bouge pas.

Mais si la poésie doit répondre à cet enlisement, elle devrait le faire par l’envol, le lyrisme. C’est tout le contraire chez vous où le poème redonne du poids, tire plutôt vers le bas…
C’est que dans le lyrisme il y a une notion d’espoir. Chez moi, il n’y a pas d’espoir. Je ne pense pas qu’on va soulever ou changer les choses. Ça restera comme ça. Ou à la limite, ça va empirer.
Pour moi, la poésie est un exercice de lucidité. On n’a pas à créer de l’illusion. C’est pour ça que je n’aime pas l’image, l’imaginaire, le rêve.

Vous n’aimez pas l’image et pourtant, les deux citations inaugurales sont celles de deux peintres. La couleur, la lumière sont très importantes chez vous ?
Si j’avais une autre vie, j’aimerais bien être peintre. Je serais probablement un peintre abstrait, ou dans la lignée d’un Nicolas de Staël. Mais je n’ai pas ce don-là. Et ça je le sais. J’envie beaucoup les peintres. Ils ont une façon d’organiser la toile qui reste un mystère pour moi.

En deçà, avec cette histoire d’homme seul face à un mur incommensurable a une dimension métaphysique. On pense parfois à Beckett ou à Roger Laporte avec des phrases comme : « On écrit donc en attendant mieux, sans savoir ce qui viendra, pour être là quand cela se produira, pour occuper l’attente et rester en éveil. Si on cessait d’écrire on est sûr que...

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