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Poésie Les limbes de Dylan

juin 2008 | Le Matricule des Anges n°94 | par Benoît Legemble

Ce monde est mon partage et celui du démon

Du Gallois Dylan Thomas (1914-1953), on retiendra certainement la fulgurance de la trajectoire : une vie faite de heurts et d’atermoiements, de faux-fuyants et d’hésitations. La mort précoce du poète vient parachever un parcours tumultueux, marqué par un goût inaltérable pour l’ivresse et une propension certaine à l’autodestruction. Papillon de nuit attiré par la lumière des néons, Thomas joue avec le feu, quitte à s’en brûler les ailes. Son œuvre considérable cristallise l’ampleur du naufrage : entre 16 et 20 ans, l’auteur écrit pas moins de deux cent cinquante poèmes. Les deux décennies qui suivent voient la source se tarir à mesure que le verre se remplit. L’alcool supplante peu à peu le Verbe. Pourtant, le génie est là, à coup sûr. Preuve en est donnée avec Ce monde est mon partage et celui du démon, qui rassemble une quarantaine de poèmes issus de la première période de son œuvre. Ici, il s’agit d’évoquer un univers de déréliction, où Dieu est définitivement absent. Un univers où Thomas sonde les souffrances d’une humanité qui s’enlise. Ne reste alors pour toute espérance que « le soupir d’un christ mourant » inapte à réenchanter le monde. Dans cette débâcle généralisée, la rédemption est impossible et la transe des amants stérile, « qui n’efface ni les rides ni le rire édenté/ du vieillard malade aux mâchoires pendantes ». C’est que le corps vient dire le poids de la matière et l’incapacité à s’élever, l’anathème de la maladie et la putréfaction. Le poète se mue alors en un « crabe sur la terre » qui avance à l’oblique dans des paysages fouettés par le vent glacial d’Octobre. Il est celui qui prophétise la chute inévitable et vient « donner des nouvelles de maintes régions d’épine. » Voici donc un chant de deuil sur « l’avarie de la chair » ; une œuvre sombre et grave qui dit le vide métaphysique vécu par le sujet moderne.

Ce monde est mon partage et celui du demon
de Dylan Thomas - Traduit de l’anglais et préfacé par Patrick Reumaux, Points-Poésie, 142 pages, 6,50

Les limbes de Dylan Par Benoît Legemble
Le Matricule des Anges n°94 , juin 2008.
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