La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Histoire littéraire Jeunesse morte

janvier 2009 | Le Matricule des Anges n°99 | par Didier Garcia

La Jeunesse morte

Même s’il fut directeur de la revue Europe de 1928 à 1936 et membre fondateur du Comité national des Écrivains, Jean Guéhenno (1890-1978) compte aujourd’hui parmi les écrivains oubliés. Poursuivant leur exhumation de textes littéraires de l’entre-deux-guerres, les éditions Claire Paulhan donnent à lire le premier texte de Guéhenno, que lui-même tenait pour « une sorte de roman lyrique », et qui n’est autre qu’un témoignage, à la fois romanesque et autobiographique, sur la Grande Guerre, rédigé à chaud, de 1916 à 1920.
Les premières pages plantent un décor enchanteur, et parfois presque mièvre : tout n’y est que jeunesse, amitié fervente, exaltation des sentiments les plus nobles. Nous ne sommes qu’en mai 1914, et Toudic, alter ego de l’auteur, accompagné de ses deux amis Lévy et Hardouin, s’applique encore « à refaire l’unité de son âme populaire ». Si le roman manque alors de nerf, c’est peut-être à seule fin de créer une ambiance, pourquoi pas une langueur, capable de trancher avec la suivante, car le temps des désillusions approche déjà. Brusquement, le ciel s’obscurcit sur l’Europe : l’assassinat à Sarajevo d’un archiduc autrichien met le feu aux poudres. Suivent l’assassinat de Jaurès, la déclaration de guerre, et la mobilisation générale.
Comme le consigne Toudic, « il est dur et honteux, quand on a passé toute sa jeunesse à rêver la grande paix des hommes, de commencer par la guerre ». Surtout quand on part à la guerre avec son idéal de fraternité humaine et sa soif d’absolu. Comme tous ceux de son âge, Toudic va rapidement déchanter : là-bas, il découvre les tranchées, les cadavres, la mort, à commencer par celle de Lévy, qui meurt sur le front, quelques mois avant Hardouin. Toudic s’en sortira avec une blessure légère, mais tous trois auront sacrifié leur jeunesse, et ses deux amis seront morts pour rien : deux décennies plus tard, l’Europe retrouvera le même enfer.

LA JEUNESSE MORTE
de JEAN GUÉHENNO
Éditions Claire Paulhan, 288 pages, 32

Jeunesse morte Par Didier Garcia
Le Matricule des Anges n°99 , janvier 2009.
LMDA PDF n°99 - 4.00 €