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Poésie Les monts

avril 2009 | Le Matricule des Anges n°102 | par Richard Blin

Tant qu’à si souvent passer aujourd’hui pour un anachronisme, autant que la poésie s’affiche souverainement comme ce chant dans la langue qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Qu’elle soit cette haleine incendiaire qui vague après vague, au cœur même du chant, témoigne du royal éclat de sa gloire insoumise. C’est ce feu, nourri d’amoureuse allégeance à quelques vers de La Chanson de Roland, qui anime Hauts sont les monts.
Un titre directement inspiré par la formule descriptive - Halt sunt li pui e li val tenebrus - qui, par trois fois dresse le décor qui vit les exploits héroïques du compagnon légendaire de Charlemagne. Un paysage grandiose fait de roches et d’eaux, de crêtes et d’orages, de vallées profondes et d’effrayants défilés. Terre hautaine qu’écrase « le ciel et ses diadèmes désenroulés de roches, azur arène où des dieux que nous ne voyons pas soulèvent dans leur course des neiges de nuées, terre qu’assaille l’obstination des forêts rampantes (…), que le soleil déchire en lames ravines cirques failles gouffres de nuit… ». C’est Roland qui parle, qui songe à la belle Aude « aux hautes tours vainement attendant » son retour. Mais Roland, homme du nord, homme des marches de Bretagne marchant pour Charles, a trouvé en ces hautes terres une sorte de paradis. « J’ai fait mon chant ma dame, de la splendeur du monde, (…), de la joie que fait l’été quand à l’heure de mourir le soleil et la neige éblouissent. Ce cor sonnant va jusqu’à Charles dire ma mort somptueuse, mon sacre, par l’épée du soleil, en ces très hautes terres ».
C’est à cette mort dans la lumière, à la célébration de cet empire de neige et de nuées que Bernadette Engel-Roux donne verbalement corps. Noces du géologique et du végétal, de la beauté et du terrible rilkéen. Poème chantant d’un monde constamment surgissant, d’un espace ouvert et circonscrit. Un monde frissonnant de présences, d’avidité d’être, de désirance infinie et d’une plénitude que la mort qui rôde rend plus dense encore. « Une douceur s’installe qui éteint les appels, anesthésie les plaies, nappe les violences ». Une façon d’être là, en équilibre instable cime et abîme, lumière et ombre, France et Espagne.

HAUTS SONT LES MONTS
de BERNADETTE ENGEL-ROUX
Éditions de Corlevour, 96 pages, 14

Les monts Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°102 , avril 2009.
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