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Théâtre Fragrances

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Laurence Cazaux

Cinq minutes pour une vie. Et puis… Trois nouvelles pièces de Fabrice Melquiot pour saisir le temps qui passe.

Modane : Tarzan Boy (suivi de) M’Man (et de) Miss Electricity

Fabrice Melquiot est un auteur très prolixe avec déjà plus de trente pièces éditées chez L’Arche. Il trouve ici le moyen de nous surprendre avec Modane, trois pièces regroupées dans ce recueil qui porte le nom de la ville de naissance de l’écrivain. Modane, le lieu de l’origine donc.
Fabrice Melquiot propose trois formes différentes : une chanson drame avec Tarzan Boy, du théâtre avec M’man et un poème dramatique avec Miss Electricity. La matière peut paraître plus directement intime et autobiographique que dans ses autres textes. Il y a quelque chose de touchant et de troublant de se sentir au cœur d’une humanité car, par ricochet, au cœur de la sienne propre. L’auteur invente toute une série de miroirs. Dans chaque pièce, le temps s’égrène et nous nous regardons vieillir en même temps que les protagonistes. Enfin, et c’est toujours l’un des grands plaisirs à lire Fabrice Melquiot, l’écri- vain nous surprend par les formes proposées qui mêlent ici poésie, théâtre, récit, chansons et maintenant fiction et réalité.
Tarzan Boy est écrit à la première personne. Mais il n’y a pas de personnages : « à l’heure des réminiscences, ils (les personnages) sont couchés. Des fantômes, qui parlent de fantômes aux fantômes, en langue fantôme. » Melquiot précise : « Toi aussi, tu es né à Modane. Nous tous. » C’est donc un je multiple qui raconte l’enfance à Modane, le passage à l’adolescence, une première histoire d’amour. La pièce mêle des scènes dialoguées, toute une succession de faits retraçant le passé, des paroles comme sorties d’un carnet intime, des chansons avec leurs dédicaces, dont Tarzan boy, qui passaient à l’époque à la radio. Pour Fabrice Melquiot : « Tarzan Boy semble relever de l’écriture autobiographique. On pourrait croire que j’en suis l’auteur, le narrateur et le premier protagoniste. (…) Il s’agit moins d’un texte cherchant à exprimer ma personnalité, que d’un texte sur le Temps. Il s’agit moins d’un autoportrait que d’un texte sur l’adolescence. » Il y a effectivement dans Tarzan Boy une très belle description de cette perte, la perte de l’enfance et l’exil qui s’ensuit. L’enfance est comme le lieu de l’accord parfait au monde : « J’étais le premier habitant du monde. Cela n’aura duré qu’un temps ; croche sur la portée ; mais j’ai été enfant, j’ai eu cette maison et c’était le monde. J’ai été le maître. Le maître de la maison… » Puis le constat : « Il s’est passé ce truc-là. J’ai treize ans. Ça y est, c’est fermé, l’enfance, clef sous la porte. » Nouveau sentiment : « Je n’habite plus le monde. (…) Je suis en ex- il. Hors de moi. J’ai cédé mon corps à deux étrangers (…) ». Et cette incomplétude : Je ne suis pas moi.
M’man est un dialogue entre une mère et son fils qui se déroule sur une dizaine d’années. Deux beaux personnages, la mère présentée comme un vieux baromètre déréglé qui passe de la pluie au soleil en une seconde et le fils, vieux garçon de 30 ans qui peine à grandir. Nous avons affaire à une grande histoire d’amour et d’emprisonnement entre ces deux-là, à l’image de Modane qui peut paraître la plus belle ville ou le plus beau trou du Monde. Ces deux-là s’étripent et s’aiment magnifiquement, avec humour et trouvailles de langues, histoire de faire revivre les disparus, un père parti et une sœur morte, et de nous interroger sur notre état d’être vivant ou non.
Enfin Miss Electricity se passe dans un café de Modane. Une femme qui s’ar- rête là tous les neuf ans ne veut plus être seule, elle s’élance vers un autre. « Ce que l’on donne est toujours vrai » raconte Miss Electricity. Le théâtre de Melquiot donne, il donne une essence de nos vibrations amoureuses et éphémères avant notre totale disparition.

Modane
de Fabrice Melquiot
L’Arche, 136 pages, 13

Fragrances Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°111 , mars 2010.
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