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Domaine étranger Réveil

mai 2010 | Le Matricule des Anges n°113 | par Serge Airoldi

Le Grand tremblement de terre du Kantô

Nous sommes en 1915, au Japon, devant le palais impérial. Un cortège quitte les lieux. En 1912, à la mort de l’empereur Meiji, le prince Yoshihito était devenu l’empereur Taishô. Ce matin-là de 1915, il part pour Kyôtô où doivent être célébrés les rites de l’avènement.
Akira Yoshimura ouvre son livre-récit avec la précision et le rythme d’un reportage. Nous sommes avec l’empereur, dans une éternité, une soie. Ce style, presque clinique et poétique, sera le sien tout au long des pages. Maintenant, la terre se met à trembler. Les journaux se partagent alors entre l’avènement d’un homme-roi et l’événément de la terre-souveraine, soudain en colère et qui réveille les angoisses. Ces secousses, en effet, annoncent-elles un nouveau grand tremblement de terre ? Les sismologues Imamura et Ômori ont une analyse opposée. Le premier s’inquiète. Le second nuance. Les années passent et l’accessoire (la querelle scientifique) fait oublier le principal (les éléments ont une force brutale). Le 1er septembre 1923, la terre tremble violemment et tue en masse.
Avec l’empathie d’un humaniste et la rigueur d’un écrivain extrêmement documenté, Yoshimura raconte le drame comme une mémoire inconsolable. Il dit, par exemple, ces couches de cadavres de geishas dans l’étang où elles ont plongé pour se protéger des flammes. Il dit ces cuves d’indigo où les ouvriers ont essayé de trouver refuge. Il dit l’étrange horreur des corps bleus. Il dit un réel sauvage, éternel, primitif et une modernité soumise à ces principes. Il dit un conte cruel où 200 000 personnes trouvent finalement la mort. Dans ce chaos, il dit aussi le désarroi d’un homme qui, au fond, est celui d’une condition commune. Cet homme, c’est Imamura avec lequel le livre se referme : « Il jeta un regard absent vers la fenêtre (…) Il se sentait impuissant. Son regard s’attacha au feuillage vert vif du début de l’été ».

Le grand tremblement de terre
du kantô
d’Akira Yoshimura - Traduit
du japonais par Sophie Reflé, Actes Sud,
288 pages, 22

Réveil Par Serge Airoldi
Le Matricule des Anges n°113 , mai 2010.
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