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Théâtre Drame hors-scène

mai 2010 | Le Matricule des Anges n°113 | par Etienne Leterrier

Peu après la chute du Mur de Berlin, trois femmes - grand-mère, mère et fille - retrouvent la maison que la plus âgée d’entre elles, Witha, a habitée étant jeune. C’était en 1935, lorsqu’avec son mari, ils ont acheté la demeure d’une famille juive contrainte à l’exil, avant de la perdre à leur tour, lors de la partition de l’Allemagne et de leur fuite pour l’Ouest. La Pierre de Marius von Mayenburg, qui a été montée en France en 2009 par Bernard Sobel, raconte d’abord ce lieu chargé de souvenirs, qui a vu défiler les générations et dans lequel les personnages se parlent, tentent de vivre ou de ressusciter le passé.
Dans une dramaturgie qui juxtapose les époques (1935, 1945, 1953, 1978, 1993…) et au travers d’un montage soigneusement organisé, Marius von Mayenburg explore dans un même geste souvenir individuel et récit historique avec pour fil conducteur cette pierre, lancée un jour de 1935 dans les carreaux d’une famille que l’on croit juive. Elle a été ensuite gardée avec soin : « (la pierre) ils l’ont jetée sur père, c’est une pierre spéciale, tu as dit, la pierre est un monument pour père parce qu’il a payé leur fuite aux Juifs, un petit monument pour dire qu’il faut avoir du courage, et que nous ne devons jamais l’oublier ». Au terme de ce parcours, la révélation qui survient n’est pourtant pas conforme aux récits que l’on se transmettait de mère en fille, mais plonge dans le passé, toujours douloureux, du nazisme.
C’est avec beaucoup d’efficacité que Marius von Mayenburg construit ici une tragédie moderne où, comme chez Wajdi Mouawad, le souvenir sert de moteur à l’action. L’alternance des périodes révèle dans leurs strates un secret d’ordre mémoriel. Mais à la différence de ce dernier, Mayenburg opte pour une esthétique de l’ellipse, par laquelle le drame n’existe que hors-scène, au cœur de l’Histoire. Faisant de cette dernière, à la manière d’un Büchner, l’incarnation d’un tragique nouveau.

La Pierre de Marius von Mayenburg - Traduit de l’allemand par Hélène Mauler et René Zahnd,
Théâtrales, 80 pages, 12

Drame hors-scène Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°113 , mai 2010.
LMDA papier n°113
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