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Domaine étranger Dans la forêt de Bavière

juillet 2010 | Le Matricule des Anges n°115 | par Thierry Guinhut

Dans la forêt de Bavière

Il faut s’attendre ici à une écriture lente, méticuleuse. La description des paysages est indubitablement un des points forts de ce romancier autrichien (1805-1868) dont L’Arrière-saison et L’Homme sans postérité sont les œuvres marquantes, au crépuscule du romantisme. Ce court récit autobiographique est celui d’un isolement au cœur d’une zone montagneuse et boisée de la lisière de la Bavière et de la Bohême. Pour imprimer sur la rétine de son lecteur une vision aussi exacte qu’exaltante des lieux, Stifter a un talent rare. Le plus vaste panorama, ainsi que les détails les plus précis, sont mis à contribution, avec un lyrisme aussi mesuré qu’efficace : « Si d’une vue alpestre magnifique, on dit qu’elle est un poème lyrique plein de feu, la simplicité de cette forêt en fait un poème épique tempéré ». Mais une tempête de neige violente et tenace l’emprisonne dans sa maison forestière, alors qu’il reste inquiet de l’état de santé de son épouse à Linz. Plusieurs jours d’« effroyable blancheur », de « vision teintée d’épouvante et de sublime grandeur », l’emmurent sans pouvoir quitter cette apocalypse neigeuse. Le voyage de retour, entre traîneau et raquettes, malgré de serviables paysans, sera éprouvant. Il s’en suivra « un ébranlement nerveux », avant qu’il puisse écrire ce récit, dernier parmi ses proses publiées. Ce malaise était-il un présage de son suicide au rasoir, deux ans plus tard ? Finalement l’idylle montagnarde qui se change en drame n’est pas sans cacher de secrètes et lourdes angoisses intérieures. Ce bel hommage à la puissance inquiétante de la nature est publié chez un éditeur décidément cohérent. Tous ses livres, de Thoreau à celui de William Gilpin (qui se demande dans Le Paysage de la forêt ce qui fait la beauté d’un arbre) inventorient avec poésie le pittoresque naturel, dans une esthétique environnementaliste à la fois romantique et parfaitement d’aujourd’hui.

DANS LA FORÊT DE BAVIÈRE
d’ADALBERT STIFTER
Traduit de l’allemand par Yves Wattenberg,
Éditions Premières Pierres, 72 pages, 11,50

Dans la forêt de Bavière Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°115 , juillet 2010.
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