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Histoire littéraire Hommage au voleur

novembre 2010 | Le Matricule des Anges n°118

Jean Genet n’a cessé de déstabiliser le monde culturel. Styliste hors pair et marginal au front étoilé, les romans et le théâtre de ce libre lecteur de Proust n’en finissent pas de fasciner.

Le 19 décembre 2010 marque le centenaire de la naissance de Jean Genet, l’écrivain français le plus turbulent du siècle passé. Par un aimable paradoxe, son œuvre toujours aussi perturbante se trouve aujourd’hui condensée au catalogue de la maison la plus feutrée et la plus polie de la place de Paris. Cette œuvre composée à moitié de romans et de pièces de théâtre, auxquels furent ajoutés une pointe de critique d’art et un nuage d’articles politiques fracassants (L’Ennemi déclaré) ne cesse d’être exploitée et étudiée tandis que fausses et vieilles gloires du XXe continuent de s’avachir dans l’indifférence. C’est à tout prendre un juste retour de choses pour celui qui fut le reprouvé et se tint à cette posture bien volontiers.
Il y a des raisons pour que le centenaire de Genet soit dignement fêté. D’abord, son œuvre est jouée sur les planches de tous les théâtres du monde. Il est l’un des plus grands auteurs dramatiques que nous ayons connu depuis 1945, celui qui interrogea avec Les Paravents (1961) et d’une manière extraordinaire la nature et l’identité du spectacle qui se déroule sur la scène. Ensuite, son œuvre est étudiée parce qu’elle attire et parce qu’elle (ou il ! ) intrigue, comme le montrent les essais qui paraissent fort régulièrement – celui d’Anne Vannouvong au verbe branché par exemple : Jean Genet, les revers du genre (Presses du réel, 396 pages, 21 ) – et parmi lesquels se glissent parfois les errements critiques d’un Eric Marty ou d’un Ivan Jablonka par exemple, qui qualifient de nihiliste l’œuvre et le personnage dans une sorte de glissade intellectuelle bien tendancieuse. Jeune auteur encore – son premier livre à compte d’auteur, Le Condamné à mort, a paru à l’automne 1942 – Genet avait eu les honneurs d’un essai roboratif de Jean-Paul Sartre dès 1952 – Jean Genet, comédien et martyr qu’il reçut avec ambivalence – et plus tardivement d’un Glas de Jacques Derrida dont il fit grand cas et qui reste sans doute l’une des pièces maîtresses du dispositif critique construit depuis soixante ans sur le trublion autonome et sans maître.
Jean Genet restera sans doute comme l’un des créateurs les plus anarchistes du siècle dernier car parmi les plus indépendants, les plus anti-bourgeois, les plus ambigus. Et les dieux savent que la société n’aime guère l’ambiguïté, même si elle la pratique volontiers en secret, chose que par son seul comportement Jean Genet dénonçait effroyablement. Un pantalon, une chemise, un blouson ou un imperméable et deux épingles à nourrice pour en fermer les poches les jours où elles étaient pleines de billets. Vagabond, quel autre auteur français aura choisi durant les Trente glorieuses un tel destin ?
Et quel autre écrivain aurait osé écrire dans Le Monde son fameux article de septembre 1977 « Violence et brutalité », fragment du texte destiné à préfacer un livre de lettres de prisonniers de la Fraction Armée Rouge et d’Ulrike Meinhorf ? L’article déclencha évidemment un tollé dans la presse...

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