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Poésie Le Désespoir n’existe pas

mars 2011 | Le Matricule des Anges n°121 | par Richard Blin

Le Désespoir n’existe pas

Entre silence et incantation, il fait danser les sons et les sens, fait le pari de ce qui excède. « Contre le bourdonnement du Grand Malheur », Zéno Bianu nous invite à retrouver l’esprit d’aurore, la sourde incandescence du feu derrière la flamme, la force affamante de ce qui éveille et éblouit.
À souffle ouvert, à regard réenchanté, au plus amoureux de la fièvre bleue du vivant, il appelle au dépassement de la solitude et de la souffrance dans la fête de la création. Pour que le désespoir n’existe pas, il faut repassionner le monde, sortir de soi pour y faire entrer les grands étourdissants, les parfaits déboussoleurs – poètes, peintres, musiciens, danseurs. Et pour leur rendre hommage, Zéno Bianu s’habille de leurs voix, dialogue avec eux, d’Artaud – « Régisseur des Trous de Lumière/Ouvreur des Espaces Aimantés/Transfuseur des Grands Départs du Dedans » – à Yves Klein qui voulut voir « ce que l’absolu avait de visible/Du bleu au vide/Du vide à l’or/De l’or au feu », en passant par Celan, Ghérasim Luca, Lorand Gaspar, Jouffroy, Velter, Nicolas de Staël, Richard Texier, Nicolas Rozier, Albert Ayler, John Coltrane, dont « le je n’est pas un je » mais « un vrai jeu un grand jeu/un je qui joue qui noue et dénoue/un je-nous un je-monde/un je immensément collectif/inconditionnel/un jeu qui n’est que musique. »
Autant d’« exercices d’aimantation », pour désespérer le désespoir, retrouver le battement du monde, son ordonnancement selon les lignes magnétiques de l’évidence et de l’ébloui. Pour ce faire, Zéno Bianu déploie toutes les ressources de l’impératif et de la répétition, joue de son potentiel expressif, de la pulsation profonde du rythme qu’elle impose. Art de la féerie – les mots paraissant s’engendrer les uns les autres – d’où naît un mouvement d’expansion qui dilate l’espace intime aux dimensions de l’univers. Une poésie qui délivre du visible l’invisible, va là où la pensée s’efface pour laisser place à quelques-unes des raisons éblouissantes dont se nourrit la faim de vivre.

Richard Blin

Le Désespoir n’existe pas
Zéno Bianu
Gallimard, 224 pages, 21

Le Matricule des Anges n°121 , mars 2011.
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