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Dossier Jean-Christophe Bailly
Le visible et le vibrant

mai 2011 | Le Matricule des Anges n°123 | par Emmanuel Laugier

Plonger dans les livres de Jean-Christophe Bailly revient à vérifier la richesse d’inflexions que peut avoir une voix : la sienne, sans jamais se perdre dans la préciosité jargonneuse, ressemble à un étoilement, à la multitude de plans séquences, où le maillage des temps jouerait le rôle d’un fil discret, et pourtant ténu, entre toutes les choses du monde.

C’est à deux pas du Faubourg Saint-Martin, dans le 10e arrondissement de Paris, que Jean-Christophe Bailly nous accueille, près de halles où claque la couleur des étals, du vert tendre au « rouge foie » : nous sommes au cœur des matières et des choses. Les mots, chez Bailly, ont toujours voulu descendre vers elles pour y chercher une pêche fabuleuse. C’est parce qu’elles viennent à nous, et sans presque s’annoncer, que les choses gagnent notre vie intérieure ; l’agrandissant en somme de ce qui respire dehors. Cette logique lente et attentive permet à Jean-Christophe Bailly de passer de la rêverie de l’enfance des bords de la Seine ou de la Saône, à Mallarmé, jusqu’aux barges de charbon sur les bords du Rhin, et d’un saut à une pensée en direction de Sens unique de Walter Benjamin ou de Hölderlin. Ce samedi d’avril, nous sommes autour d’une longue table de bois sombre, face à la bibliothèque d’art où Bailly ira piocher, tantôt pour montrer un livre de photographie sur la France, tantôt indiquer avec enthousiasme le nom de l’artiste américain Sharon Lockhart et sa vidéo (« Lunch Break », réalisée sur l’immense chantier naval, la Bath Iron Works, dans le Maine). Durant plus de quatre heures, après quelques réticences à revenir sur certains événements du passé, moins par dédain que par pudeur (l’homme n’aimant que très peu parler de lui), la vitesse s’est soudain enclenchée alors que nous abordions son nouveau livre Le Dépaysement, voyages en France, un ouvrage synthétisant presque quarante ans de travail, de lectures, de voyages… avec une fluidité de pensée et de style tout à fait unique aujourd’hui.

Dans Le Dépaysement, voyages en France, vous précisez dès le début que toutes les incursions que vous avez faites sur le territoire, cherchaient à vérifier comment ces différents lieux traversés faisaient « trembler » leur identité, notamment nationale. Quel était le projet ?

D’abord, le sujet du livre, c’est la France. Il s’efforce d’interroger et de répondre à cette idée de « provenance » par différentes incursions. Les lieux où je me suis rendu au départ, je les ai d’abord choisis parce qu’en eux le motif du « national » pouvait trembler : les frontières, par exemple, sont à la fois une affirmation du national et simultanément son effacement, elles sont une révélation, un marquage du différent comme tel. On peut se demander par exemple ce qui est justement différent de l’autre côté. Ce sont aussi des endroits qui constituent des espaces d’inscriptions et de références d’une mémoire collective, parfois très lourde, voire dramatique. Je pense aux traumatismes historiques, comme ce livre en relève quelques-uns, dont les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, ou le pont du Gard ; et quantité de choses petites et beaucoup plus discrètes. Verdun, il fallait que ce livre lui donne sa place, il n’aurait pas été juste sans être passé par ce lieu. Il se trouve qu’en sillonnant le territoire, on remarque l’incroyable...

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