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Dossier Emmanuel Bove

juillet 2013 | Le Matricule des Anges n°145

« À mesure que l’été avançait, le vide se faisait autour des Aftalion »

J’apprends que la ville d’Arras, construite sur d’anciennes carrières, appelle des « boves » les galeries souterraines qui relient les caves. La coïncidence est heureuse. L’architecture minimaliste de ses romans, Bove la construit sur des caves dont le vide détermine tout. Si le texte procède à pas comptés, sans le moindre gaspillage, s’il ne se permet aucun lyrisme, s’il ne se laisse pas entraîner dans des développements généreux, s’il pèse scrupuleusement l’essentiel de sa propre matière, c’est qu’il tient sur ces vides que l’histoire lui a laissés comme sol après en avoir retiré la substance. Pas un chapitre de Mes amis qui ne fasse discrètement référence à la guerre de 14. Son narrateur s’appelle Victor, Victor Bâton, mais c’est un vainqueur à la triste figure, ancien Poilu, mutilé de la main gauche, vivotant sur une petite pension, presque clochard, réprouvé parce qu’il ne travaille pas : on ne fait pas moins glorieux.
Le récit bovien est construit sur le décalage entre l’état déclassé des personnages et l’image rêvée qu’ils se font d’eux-mêmes. Ses personnages sont « prêts à tout, sans but », ils ne veulent rien devenir, ils ont déjà été, un Français libre pour Joseph Bridet (Le Piège), un médaillé pour Victor Bâton (Mes amis), un héritier pour Nicolas Aftalion (La Coalition). Ils ne veulent rien devenir, ils voudraient être, anti- symétriques de l’Ulrich de Musil, des hommes de qualité.
Mais tous ont en commun l’avenir qui leur fait défaut. Ils ne sont pas tout à fait vivants, Bove les prend entre deux termes, quand la mort a déjà joué sa main et qu’elle fait durer la partie pour emporter pli à pli leur existence. Ce qui fait de ses personnages des réprouvés, c’est que la mort qui les a creusés les dispense de donner par eux-mêmes à leur volonté le but qui doit orienter leur vie.
L’homme bovien, essentiellement, attend. Il attend d’être dispensé de se soutenir dans l’existence, dispensé de poser ces décisions malencontreuses qui ne font jamais que réaliser sa défaite et la réaliser encore. Il y a cette terrible force de la répétition dans la littérature de Bove, chaque roman reproduit ad nauseam un petit système animé par l’alternance burlesque et tragique de l’espérance et du gâchis. Et Bove a trouvé cette liberté de tout retrancher de son récit sauf les quatre traits indispensables à ce mécanisme.
« Un vent léger, sentant les lilas, leva les pans de mon pardessus qui ressemblait alors à une capote de soldat. » Le pardessus, chez Bove, a un rôle capital, pesant son poids sur l’homme, entravant son espoir, c’est le vêtement qui passe dans tous ses livres à l’approche du printemps.

Nicole Caligaris

Dernier livre paru :
Le Paradis entre les jambes...

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