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Dossier Emmanuel Bove
L’humour de l’aquoiboniste

juillet 2013 | Le Matricule des Anges n°145

Lorsque je relis Emmanuel Bove, je repense au regretté critique littéraire du Monde, Paul Morelle. Paul fut mon ami. Je fis sa connaissance dans le département de l’Oise alors que j’étais jeune journaliste au Courrier picard, à Beauvais. Il résidait alors au Mesnil-Théribus. Ancien résistant, véritable homme de gauche, il s’étonna d’abord qu’un jeune type comme moi, fou de rock’n’roll, s’intéressât à la littérature. Il fut sensible aussi, certainement, au fait que je sois fils de cheminot, de condition modeste comme lui-même l’était. Et il décida de m’aider. Et surtout de m’ouvrir les yeux. Ce fut ce qu’il fit quand, un jour de 1984, il m’invita à découvrir Emmanuel Bove qu’il adorait et qu’il avait alors entrepris de faire rééditer, ce par le biais des articles qu’il donnait dans le grand quotidien du soir, mais aussi en tentant de publier à nouveau ses opus, notamment aux éditions Ledrappier. La lecture de Bove fut pour moi un choc. Je me jetais sur tous les livres que je trouvais avec la même gourmandise qui m’avait animé, quelques années plus tôt, lorsque j’avais fait la connaissance des Kinks, des Animals et de Procol Harum. Son premier roman, Mes amis, préfigure ce que sera son œuvre. Il y a là tout Bove. Ce ton inimitable. Ces phrases courtes ; aucun effet de style. Pas de graisse ; pas de scories. L’essentiel est dit, et la narration court, véloce. On a souvent parlé de la pauvreté de la phrase d’Emmanuel Bove. Difficile de dire le contraire. Mais c’est justement cette pauvreté qui fait sa force. Ses phrases pauvres ne parlent pas – ou très rarement – de la pauvreté. Bove les met au service du dérisoire, du détail qui tue, de ce quotidien, qu’au fond, personne n’ose décrire. Là, je vois venir les cuistres, les estafettes du Nouveau roman, ce genre indéfendable, qui tentèrent de récupérer, en des temps incertains, Emmanuel Bobovnikoff. Bove incarne l’antithèse du Nouveau roman. Ses personnages, même s’il s’agit souvent de pauvres types, de mecs égarés, paumés, écrasés, sont de vrais héros. Autre différence : l’humour. Car je voudrais tenter de dynamiter ici une idée qui court sur notre auteur : « La littérature de Bove est tissée de désespoir, de noirceur insondable, d’une mélancolie. » Car derrière la noirceur se cache un humour puissant, une ironie qui donnent à sa prose une couleur indéfinissable. Jean Cassou, dans l’excellente préface de l’édition poche de Mes amis (J’ai lu, 1986), évoque «  l’ironie triste de Bove ». Cela est très juste. Il n’est jamais dupe par rapport à ses personnages, et c’est très agréable. Il ne cesse de les brocarder, c’est ce qui en fait un écrivain inclassable. On retrouve cette manière de faire chez Simenon, chez Henri Calet, et, aujourd’hui, chez Patrick Modiano. (Ce dernier a reconnu, non sans franchise et honnêteté, qu’il lui devait beaucoup.) À part que l’humour de Bove est plus appuyé. Bove est une sorte d’aquoiboniste qui ricane avec tendresse sur mon monde impitoyable. Il est sans illusion mais...

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