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Domaine français Djibouti

novembre 2015 | Le Matricule des Anges n°168 | par Franck Mannoni

Les orientalistes du XIXe siècle ont trouvé leur successeur : Djibouti, de Pierre Deram renoue en effet avec une tradition littéraire qui a fait les belles heures du romantisme. L’auteur en reprend les grands thèmes : la nature sauvage, la quête d’un ailleurs idéalisé, une esthétique du Beau, qu’il confronte avec beaucoup de modernité à l’existence crasse et désespérée de ses personnages. « Tout paraissait irréel. On avançait en apesanteur vers le néant toujours plus noir du monde ». Djibouti, ville rêvée, est ainsi une sorte de terminus, que même l’océan renonce à conquérir : « quelques vagues décharnées clapotent encore, couchées au bord du sable ». C’est là que le lieutenant Markus s’échoue, pour un séjour de six mois parmi la troupe, au milieu de militaires rongés d’ennui et d’alcool, oubliés de leur lointaine hiérarchie. De très belles pages décrivent une ville grouillante, débordante d’activité et qui, paradoxalement, appelle à la mélancolie. Une forme de spleen, tantôt noyé dans une touffeur moite, tantôt brûlé par le vent du désert, toujours perdu dans l’immensité des paysages, envahit les hommes : « Sous ses paupières calcinées, ses yeux comme par souvenir semblaient refléter l’invisible angoisse de ne pouvoir s’accrocher nulle part ». Soldats, habitants, tous semblent figés dans un présent éternel et maudit : « Ce soir, nous boirons à la fin des temps ». Sur ce rivage bout du monde, ils abandonnent toute espérance, s’oublient dans des bagarres ivrognes, dans les bras de femmes archétypes, poussées par la misère à vendre leur corps. Un peu de réconfort tarifé.
Mélange de beauté et de mort, Djibouti est un roman tourbillon. Tout y semble à la fois suspendu et en chute libre. Le style appelle des images fortes, ose des descriptions personnifiées de la cité mythique, et prend des reflets fantastiques lorsqu’un simple bâtiment peut « sourdre des eaux noires comme le fantôme d’un monde englouti ». Ce magnifique récit crée une ambiance en dehors du temps, un voyage immobile au venin exotique.
F. M.

Djibouti Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°168 , novembre 2015.
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