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Dossier Raymond Carver
Innocents

novembre 2015 | Le Matricule des Anges n°168

Avant de relire un auteur que j’ai particulièrement aimé lorsque j’avais une vingtaine d’années, je ne peux réprimer une certaine appréhension. Je crains toujours de ne pas retrouver quelque trente années plus tard ce que j’avais pu y mettre alors. Ma lecture de l’époque n’aurait été qu’un prétexte pour servir un autre but, l’œuvre aurait été utilisée pour répondre aux questionnements propres à cet âge, quitte à la tordre un peu…
Lorsque j’ai ressorti mes volumes de Carver, j’ai constaté que mes craintes étaient sans fondement. En me replongeant dans ses nouvelles, j’ai retrouvé, intacte, la force de son écriture et je me suis rendu compte que ma mémoire n’avait guère déformé les textes.
Qu’avais-je retenu de Carver ? Des atmosphères de clair-obscur, des personnages épinglés comme des silhouettes sur un décor sombre, plaqués à l’horizontale sur des lits dont ils ne peuvent se relever, mais aussi de lumineuses fulgurances, parenthèses poétiques presque incongrues éclairant la réalité sous un autre angle. Quelque chose, brusquement, échappe au lent engluement dans la banalité du quotidien auquel le lecteur pensait assister.
Carver pourrait passer pour un naturaliste, pourtant il ne l’est pas. Cette découverte fut essentielle pour le jeune homme que j’étais à la fin des années 80. Je faisais mes gammes d’écriture et, sans rechercher vraiment de modèle, je tentais de trouver une direction. Il me fallait déterminer à quoi mes écrits ressembleraient s’ils prenaient forme un jour. Comprendre que la description du réel n’est qu’un prétexte pour révéler ce qu’on ne voit pas, ce qui est caché derrière, ce qui échappe à l’entendement d’une situation ordinaire, fut capital. J’aimais les descriptions – leur pointilleuse précision a quelque chose de rassurant lorsqu’on débute –, mais j’ignorais encore ce que je pouvais en faire. Avec Carver, je compris qu’il fallait choisir quelques détails saillants et laisser surgir du décor ce qui créerait un sens nouveau.
Ce processus est à l’œuvre dans « Toutes les petites choses que j’ai pu voir ». (Parlez-moi d’amour)
L’héroïne est couchée dans le lit conjugal aux côtés d’un mari proche du coma éthylique. Dans la chambre saturée de relents d’alcool, résonnent les ronflements du buveur. La femme qui ne trouve pas le sommeil, entend grincer la grille du jardin, et l’idée qu’elle n’est pas fermée l’obsède jusqu’à devenir le point de fixation de son insomnie.
À partir du moment où le thème musical de la grille fait son entrée, le lecteur bascule dans l’irréalité. On sort de l’oppressante chambre pour accompagner l’héroïne vers l’extérieur. À travers la vitre, le clair de lune baigne le jardin d’une étrangeté laiteuse. Lorsque la femme descend en vêtements de nuit et traverse la pelouse comme une somnambule, l’ensemble de la scène devient parfaitement irréel.
Elle trouve son voisin absorbé par une activité qui requiert toute son attention. Grâce à une poudre chimique il attrape...

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