La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Raymond Carver
Le bonheur, désespérément

novembre 2015 | Le Matricule des Anges n°168

Quel est le sujet (l’obsession) de Carver ? Si on puise dans les idées simplificatrices, on trouvera le malheur. Non pas le malheur métaphysique de notre finitude et de notre déréliction, mais les emmerdements du quotidien, le malheur banal, que Carver nous ferait voir de plus près, avec ses variétés et ses nuances. Or plus je le lis et plus je crois que son grand sujet est au contraire le bonheur, mais le bonheur manqué (parfois de peu), le bonheur vu trop tard, ou trop loin ; l’abus d’alcool et la sexualité libérée, motifs souvent présents, étant les expédients choisis par ses personnages pour se consoler de ce qu’ils ont perdu ou n’ont pas su saisir.
La première nouvelle qui me vient a pour titre « Voisins de palier ». L’histoire est celle de Bill et Arlene Miller, un « couple heureux », nous dit Carver, tout en ajoutant que lorsqu’ils se comparent à d’autres couples de leur connaissance, ils ont l’impression d’avoir « loupé le coche ». C’est le côté marxiste de Carver : la société américaine prospère, mais ses enfants s’y sentent de moins en moins à l’aise. Un jour, les vis-à-vis des Miller, donc, les Stone, leur remettent, avant de partir en voyage, la clé de leur appartement : Minette à nourrir, plantes à arroser. Les Miller envient les Stone de pouvoir s’offrir des vacances, mais l’appartement confié avec ses secrets va leur procurer un terrain d’expériences tout aussi excitant. Nous les voyons, grâce à cette clé, faire des incursions de plus en plus débridées dans l’intimité des Stone, comme nous assistons au regain de leur appétit sexuel. L’appartement d’en face représente à l’évidence tout ce qu’ils n’ont pas ou ne sont pas (ou plutôt croient ne pas avoir ou être). Dans la dernière scène, la clé-félicité a été oubliée à l’intérieur, et Bill et Arlène se retrouvent transis face à la porte close : un air froid souffle sur leurs illusions.
La seconde nouvelle, publiée dans le même recueil (Œuvres complètes, 3), s’intitule « Tais-toi, je t’en prie ». Ralph et Marian Wyman sont de jeunes professeurs qui vivent avec leurs enfants dans un bourg de Californie où ils enseignent. « Ils se considéraient comme un couple heureux », écrit Carver. Mais que pèse ce bonheur ? Il semble que rien ne s’y produit. Tout y est lisse et convenu et morne. Ce qui va bouleverser l’existence des Wyman et leur confortable ennui est la révélation d’un adultère commis au début de leur mariage par Marian. Quelque chose d’inédit, d’incroyable, d’exalté s’est ouvert. Après cet aveu, Ralph, humilié, ne sera plus le même ; il surmontera sa peur du sexe, mais la remplacera, on l’imagine, par d’autres frustrations.
Outre que la trame de « Tais-toi, je t’en prie » fasse bizarrement penser à Eyes wide shut (comme si Kubrick ne s’était pas seulement inspiré, pour son film, d’une nouvelle de Schnitzler), elle offre une symétrie troublante avec l’histoire des Miller et des Stone : où qu’on soit, le bonheur vous regarde toujours du palier d’en face.
Au...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°168
6.50 €
LMDA PDF n°168
4.00 €