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Domaine étranger Au Café du Rendez-vous

mars 2016 | Le Matricule des Anges n°171 | par Virginie Mailles Viard

Au Café du Rendez-vous

Dans une petite ville de l’État libre d’Orange, en Afrique du Sud, Karolina Ferreira, entomologiste, vient étudier les papillons. Accompagnée de Willie, un herboriste qui a grandi dans les townships, capable de lire l’avenir dans les humeurs des hommes, elle arpente le veld. « Ce veld désolé » qui fut « le lieu d’âpres luttes et de bains de sang ». Ici s’affrontèrent l’Empire britannique et les Boers. Ces protestants venus de Hollande, fuyant les persécutions religieuses, persuadés d’être le peuple élu, considéraient l’Afrique du Sud comme leur terre promise. L’État libre d’Orange est au cœur de ce territoire, où les Boers ont cultivé le repli sur soi, la haine raciale, et où ils furent les victimes des premiers camps d’extermination inventés par les Anglais. Cette histoire tient en quelques fresques accrochées au mur de la salle de snooker, où se retrouve dans un rituel immuable une dizaine de personnages, représentants de l’ordre, magistrat, avocats, gros propriétaires terriens. À l’extérieur, le township, où le capitaine Gert Els et ses sbires vont régulièrement effectuer « des opérations ». Le récit suit Karolina, pas à pas, dans ses rêves, sa quête obsédée d’amour, et sa curiosité ambivalente : pourquoi accompagne-t-elle les officiers dans le township ? Ce personnage féminin, évanescent, contrepoint au débordement de testostérone qui régit les rapports humains, trouble les frontières entre le rêve et la réalité. L’hôtel existe-t-il vraiment, elle qui rêve qu’elle dort au-dessus d’une morgue ? A-t-elle vraiment vu cette silhouette pourchassée par des chiens et des hommes armés, vraiment entendu ces coups de feu ? Ingrid Winterbach contient cette atmosphère cauchemardesque, grâce au huis clos de la salle de snooker, à une mise en scène théâtrale rigoureuse dans les allées et venues des personnages. Le récit tourne en rond, comme les Boers se protégeant des assauts des Britanniques de leurs chariots disposés en cercles.
Virginie Mailles Viard

AU CAFÉ DU RENDEZ-VOUS
D’INGRID WINTERBACH
Traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie
Finkelstein, Phébus, 240 pages, 20
e

Le Matricule des Anges n°171 , mars 2016.
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