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Domaine étranger Dedans

juin 2016 | Le Matricule des Anges n°174 | par Franck Mannoni

Ce premier roman de Sandro Bonvissuto progresse ingénieusement à rebours. Le récit s’attache d’abord aux confidences d’un détenu, emprisonné pour une courte peine. Une deuxième partie magnifie une belle amitié lycéenne. L’épilogue fait l’éloge de l’enfance : à 5 ans, le père du narrateur lui apprend à faire du vélo. Cette biographie qui remonte le temps interroge évidemment le continuum de la vie, sa linéarité. Plusieurs thèmes, comme le rapport à l’espace, se répètent avec des conséquences différentes selon les lieux et la maturité d’esprit du narrateur. La prison est ainsi intellectualisée. Le bagnard la vit comme « un autre dedans, un dedans-dedans  ». Un architecte nihiliste en a défini les codes pour briser l’être humain : « Le mur est le plus épouvantable instrument de puissance existant. Il n’a jamais évolué, parce qu’il est né parfait ». Une sensation d’étouffement déjà ressentie à l’adolescence : « L’école n’était donc qu’une gigantesque machine pour nous mettre dans des boîtes avec de l’huile ». Seule l’enfance, marquée par la quête confiante d’un ailleurs, semble échapper aux constats désabusés du monde adulte.
L’amitié, aussi, traverse le récit, des potes de lycée aux compagnons de cellule. D’un bout à l’autre de son odyssée, le narrateur reconnaît là un besoin vital. Observateur curieux des autres, il définit sans pathos toute une sociologie de la maison d’arrêt, avec ses « métiers » improvisés : le «  cantineur  », qui peut tout vendre, le balayeur au courant de tout, l’avocat autodidacte, le copiste. Des portraits lucides et bienveillants, qui relèvent d’un don pour l’analyse. Une qualité déjà présente bien en amont : les propos sur le mythique « dernier rang » et son destin réputé tragique sont croustillants. Un trait en particulier, toutefois, réunit à lui seul tous les âges, une certaine idée de rébellion, même si elle doit passer aux yeux des autres pour un abandon : « C’est quelque chose de trop intelligent la désertion. On aurait dû l’inventer juste après la guerre ».
F. M.

DEDANS
DE SANDRO BONVISSUTO
Traduit de l’italien par Serge Quadruppani,
Métailié, 179 pages, 18
e

Le Matricule des Anges n°174 , juin 2016.
LMDA papier n°174
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