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Poésie Vie auprès du courant

septembre 2016 | Le Matricule des Anges n°176 | par Christine Plantec

Vie auprès du courant

En octobre 1970 paraît à Oslo Vie auprès du courant. Texte posthume, Tarjei Vesaas en corrigea les épreuves depuis sa chambre d’hôpital. Auteur d’une œuvre plurielle, l’écrivain norvégien s’est surtout distingué en tant que romancier (Les Oiseaux, La Barque le soir) et nouvelliste. C’est néanmoins par la voie de la poésie qu’il décide d’approcher le moment crépusculaire du grand départ.
« Au bord du chemin difficile / il pleut des soleils étincelants / comme si de rien n’était. » On pourrait se demander pourquoi ce choix de la forme poétique. Mais ce serait définir, distinguer et peut-être opposer des genres qui importent finalement peu au regard de cet ultime texte qui s’avère être une cristallisation économe et lumineuse de toute l’œuvre de Vesaas. La nature y est omniprésente, l’été succède à l’hiver dans une alternance propre à ce que l’on se figure de la Scandinavie. La solitude, le deuil, l’impermanence de l’homme s’y inscrivent avec force et douceur car il n’y a pas combat chez Vesaas, juste une attention délicate, un lyrisme sans la plainte, des « mots timides » face à la puissance de la nature, ce « vent nocturne » contre lequel « des bêtes à carapace piétinent les racines / dans la vacuité de leur marche en rond ». Et cet autre poème en forme de conte, « Cauchemar du Grand Engloutissement » où, témoin de la disparition du monde, le poète parvient à trouver refuge dans sa minuscule maison : « Je ne sais comment j’entrai, / mais mon visage passa en dernier. / Regarder encore une fois. / Jusqu’à ce que la porte se refermât d’elle-même. » Une intuition de l’instant magnifique quand bien même il s’agirait du dernier regard sur l’univers, sur la vie qu’il s’apprête à quitter, sur cette plaine de Midtbø, au sud de la Norvège, où il vécut plus d’un demi-siècle, juste à côté de la ferme de son enfance. Christine Plantec

Vie auprès du courant de Tarjei Vesaas
Traduit du néo-norvégien par Céline Romand-Monnier,
La barque, édition bilingue, 128 pages, 22

Le Matricule des Anges n°176 , septembre 2016.
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