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Poésie Gestuaire

novembre 2016 | Le Matricule des Anges n°178 | par Richard Blin

De même que Michel Leiris, dans Glossaire, serrait ses gloses, Sylvie Kandé, dans Gestuaire, serre ses gestes. Ceux qui nouent les volontés, dévoilent les secrets mouvements d’une âme ou signent un destin d’errance et d’ironie. Elle en fait un livre de poèmes hantés par la compassion, et comme éclairés par les frictions jouteuses entre errance et appartenance, vertige et points de repère.
Née en France de père sénégalais, et vivant à New York où elle enseigne, Sylvie Kandé a fait du destin africain et de la question du métissage le cœur de sa démarche d’écriture (Lagon, lagunes (2001) et La Quête infinie de l’autre rive (2011), Gallimard). Des préoccupations qu’on retrouve ici, littéralement incarnées au fil des gestes et des figures qui y sont associées, sur fond d’échos à son histoire personnelle et à l’histoire collective. Figure du père, des corps balafrés d’exil, ou « través-transis dans la canne et le doute », des frères humiliés par la traite ou la colonisation ; de femmes « de fière folie / de vraie et violente vertu », d’une pharaonne dont le geste de désir inscrit dans la pierre – « lianes vos bras à la taille du roi / une main en convoitise de ce qui sous le pagne bat » – n’en dit pas moins l’infini de « l’amour emmuré ».
Des poèmes s’ouvrant comme se déchiffonne un bourgeon qui avouerait sa vulnérabilité tout en affirmant la violence de son désir d’être. Toujours lovée à l’ombre du geste, la parole tresse la brûlure de la convergence à de l’inapaisable. « Car du geste qui ne s’entend ni ne s’écrit / n’est-il pas juste de dire qu’il est / pensée qui s’effiloche dans l’air / propos qui cogne le vide / ombre portée du néant… » En partie seulement, car la puissance d’affect propre à l’écriture de Sylvie Kandé réussit souvent à conjurer affres et sentiments de mélancolie.

Richard Blin

Gestuaire de Sylvie Kandé
Gallimard, 112 pages, 12,50

Le Matricule des Anges n°178 , novembre 2016.
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