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Domaine étranger Sur des chardons ardents

mai 2017 | Le Matricule des Anges n°183 | par Dominique Aussenac

Sauvagement étranglé à son domicile, dans la ville d’Athènes, élément central de son œuvre, Mènis Koumandarèas (1931-2014) a téléguidé post-mortem l’arrestation de ses assassins par l’entremise de son dernier livre, Trésor du temps. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages (romans, nouvelles, essais), traducteur d’Hemingway et de Fitzgerald, homme de gauche, très peu connu en France, il est considéré comme une sorte d’aristocrate des lettres grecques. Play, longue nouvelle, parue en 1989 met en abîme les très subtiles ambiguïtés d’un écrivain qui a toujours aimé se mettre en danger. Dans ce vrai-faux entretien, où il n’apparaît jamais vraiment complètement à nu, mais qui lui permet d’exprimer au plus près sa pensée, il répond aux questions d’un jeune homme cinglant, subtil, presque arrogant. Les cinq rencontres ont lieu dans son appartement au décor un tantinet suranné. Presque un huis clos, hormis les promenades vespérales dans le quartier et sur la place qui fut le théâtre de sa dernière soirée (dans la réalité). « Là-bas la mort en embuscade a l’apparence du beau voyou. » Ainsi que la chambre enfumée où l’interviewer retranscrit.
De ce dernier, nous saurons qu’il vivote, fumant de l’herbe, mais qu’un lien secret le rattache à l’auteur qui commente sa vie, son travail d’écriture, parle de ses influences, de son engagement. Les dialogues sont acerbes presque violents. Qui pousse l’autre dans ses retranchements ? Quid de ce face-à-face ? L’écrivain se place-t-il en miroir de l’adolescent qu’il a été ? Met-il en scène un processus de séduction acerbe ? Se dresse-t-il en tant qu’écrivain et premier critique de son œuvre, énonçant sa superbe et sa fragilité ? « Un livre ne concerne exclusivement ni nous-mêmes ni les autres. C’est à la jointure un fil ténu, sur lequel un écrivain apprend tôt ou tard à jouer les danseurs de corde.  » Un ouvrage d’une exquise et grinçante finesse qui contraste avec l’hideuse photo trop pixelisée de sa jaquette. Dominique Aussenac

Play, de Mènis Koumandarèas, traduit du grec par Nicole Le Bris,
Gingko, 127 pages, 15

Sur des chardons ardents Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°183 , mai 2017.
LMDA papier n°183
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