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Domaine français En regardant le sang des bêtes

mai 2017 | Le Matricule des Anges n°183 | par Virginie Mailles Viard

En regardant le sang des bêtes

Il est nécessaire de voir ou revoir le court-métrage de Georges Franju, Le Sang des bêtes. C’est à partir de ce film que Muriel Pic interroge notre capacité à faire le lien entre ce que nous sommes, ce que nous regardons – la mort de l’animal – et ce que nous en faisons : le manger. Le documentaire tourné « aux abattoirs de Vaugirard et de la Villette à l’automne 1949  » saisit par sa lumière si noire et si blanche, son esthétisme expressionniste, sa perfection dans le cadrage. Quand le cheval blanc tombe, fracassé par le pistolet à percussion, nous voilà à genoux. À l’arrêt. Mais il faudra bien aller voir dit-elle, « pour ne pas renoncer à penser  ». La narratrice ramasse les fragments épars : nous et les bêtes, les flots de sang, son enfance face à des abattoirs – c’est le documentaire de Franju qui lui remettra en mémoire –, son grand-père et les lapins, nous et la mort. Elle va et vient, entre le récit historique sur les abattoirs de Chicago à Paris, fait apparaître des écrivains – Lautréamont, La Rochefoucauld – devant un miroir où ils réfléchissent à leur mort, à leur corps, installe des poèmes, des comptines d’autrefois. Fait apparaître des pièces documentaires extraites du film. Elle trace, et efface tout à la fois. Raconte cette enfance où l’on tuait les animaux dans les fermes, dans les garages. Où la mort était là toute proche. Parce qu’elle sait faire preuve d’humour, de lyrisme, sans apprêts, on accepte de la suivre dans certains passages qu’elle définit comme « une méditation morale avec maximes sur notre rapport à la mort animale  ». On y apprend que Franju voulait traiter les images des abattoirs à la manière des ombres et des lumières de Rembrandt. Mais rappelle Muriel Pic, « Il n’y a plus rien à voir que soi-même devant la toile, soudain large miroir. Le Bœuf écorché, c’est Rembrandt, Franju, vous, lui, moi. C’est l’homme le coupable sans rachat.  »

Virginie Mailles Viard

En regardant le sang des bêtes, de Muriel Pic
Éditions trente-trois morceaux, 86 pages, 16

Le Matricule des Anges n°183 , mai 2017.
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