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Poésie Les Disparus

juin 2017 | Le Matricule des Anges n°184 | par Dominique Aussenac

L’exil, c’est quoi ? Une vue de l’esprit ? Une nostalgie ? Une schizophrénie ? Un déracinement de tout un être et de son corps ? Le syndrome d’Ulysse recense un ensemble de pathologies qui frappe l’émigrant qui parvient à survivre, à atteindre un pays d’accueil. Il peut certes être intérieur dans tout groupement humain. Ce n’est pas le cas pour Patricio Sanchez Rojas qui avec sa famille fut expulsé du Chili en 1977. S’il eut la chance d’acquérir la nationalité française en 1993, il n’en reste pas moins clivé, fêlé, amoindri. La poésie, comme l’art permet de dire, d’énoncer, de mettre une autre distance, d’amoindrir la peine tout en ravivant la souffrance. Les Disparus, recueil en sept opus évoque cette fracture. Le premier poème débute par ses vers : « Ton espoir vient / de ta capacité à prolonger les jours / dans les syllabes du colibri » et conclut ainsi : « Ta cohérence vient donc de son incapacité à croire. / Au désespoir ».
Positives, ces formules magiques n’augurent en rien de ce qui va suivre. Le cycliste évoque l’image d’un anonyme qui pédale en sifflant face à la tombe de Victor Jara. « Après chaque tombe / il y avait une autre tombe. » Une autre tombe, une autre tombe, comme seul credo. Dans Le feu, au lyrisme presque positiviste, aux accents classiques, le poète appelle à la paix, parle du temps, de ce qui s’oublie et de ce qui reste à jamais mémorable. Brusquement, il cingle un riff de guitare, un accord anti-Du Bellay avec lequel il maudit le jour de sa naissance et crache sur la terre de ses ancêtres, mais finit par déclamer : « Et ce feu est juste / le reflet / d’un autre feu / Qui régénère à tout jamais / le regard du monde. » Des mots, des images, des mots-grenades : couteau, astrolabe, pélican, nuage, araucaria, Atacama, funiculaire, des horloges qui tictaquent ponctuent le recueil, irradiant le corps, blessant le souvenir. Les derniers poèmes vagabondent dans les rues de Paris ou de Prague, s’inventant des diasporas, des fragments de vie nouvelle, découvrant les chiens de la ville pour « s’habituer à la blancheur que leurs crocs nous montrent au passage des hirondelles ».

D.A.

Les Disparus, de Patricio Sanchez Rojas
La Rumeur libre, 160 pages, 17

Le Matricule des Anges n°184 , juin 2017.
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