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Dossier Littérature et traduction
Une langue singularisée

novembre 2017 | Le Matricule des Anges n°188 | par Emmanuel Laugier

La traduction de la poésie a toujours été perçue comme la traversée d’une impossibilité. Elle s’élabore entre la recherche de certaines fidélités et la confrontation inévitable à des obstacles. Cette tension scande l’activité de la traduction, elle en étoile les possibilités, définit ses virtualités.

L’Épreuve de l’étranger, tel est le titre qu’Antoine Berman, traducteur et penseur de la traduction, donna à l’un de ses essais majeurs, entendant dans cette traversée que l’acte de traduire ne peut s’éprouver qu’à condition de préserver, dans la langue d’accueil, « l’étrangeté de la langue étrangère  ». Traduire en français le français, disait aussi le poète André du Bouchet, traducteur lui-même de Hölderlin, Celan et Mandelstam, afin de marquer et d’accentuer plus encore ce qui devait être réservé au mouvement de la traduction. À savoir qu’elle sache faire exister en elle, dans ce qui fait écart entre deux langues, une fidélité à la langue qu’elle traduit. Ce mouvement, qui semble contradictoire, Hugo Friedrich, dans L’Art de la traduction, récemment publié aux éditions Unes, l’expose ainsi : « il n’existe pas seulement entre les langues une différence lexicale et syntaxique, mais aussi une parenté des formes intérieures. (…) Au respect de l’étranger s’ajoute ainsi le courage de s’en approcher  ». On y ajoutera, comme un horizon, ce qu’écrivait Walter Benjamin dans son texte célèbre La Tâche du traducteur : « Racheter dans sa propre langue ce pur langage exilé dans la langue étrangère, libérer en le transposant le pur langage captif dans l’œuvre, telle est la tâche du traducteur  ».
Il n’y a donc pas, en soi, d’assurance absolue à toute traduction. C’est d’ailleurs le propre de tout grand poème que d’appeler à lui la variation de ses traductions comme une potentialité ouverte, un renouveau par lequel une « langue singularisée  » (le mot est de Schelling) se déploie, selon les conditions exégétiques, critiques, ou historiques, que chaque époque permet et transforme. Un certain nombre d’éditeurs aujourd’hui travaillent à la diffusion de traductions inédites de poètes étrangers (Circé, Cheyne, le Théâtre typographique, Corti, La Nerthe, Verdier, Ypsilon, Les Presses du réel, Po&psy, etc.), font aussi retraduire des œuvres majeures. Tous en prennent le risque (économique) en pensant la traduction comme une expérience d’élargissement de la langue et du monde. Dans son très riche petit livre, le philologue Hugo Friedrich en nomme ainsi l’enjeu en rappelant que la traduction ne consiste pas à laisser « “le lecteur tranquille en déplaçant l’auteur jusqu’à lui, mais de laisser l’auteur tranquille (c’est-à-dire intact) en déplaçant le lecteur vers lui” (Schelling), et donc d’écrire dans une langue “qui non seulement n’est pas courante, mais laisse également deviner qu’elle a été transformée pour atteindre cette ressemblance étrangère”. Toute la force de l’original est ainsi transformée en une force créatrice de la langue d’arrivée contre elle-même  ». Le lecteur, qu’il faut conduire à l’auteur, est l’une des questions que ces éditeurs-là savent, tant l’acte de passeur qu’ils entendent mener à bout a été délaissé depuis bien longtemps par les puissantes maisons d’édition (économiquement parlant).
François Heusbourg, directeur des...

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