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Entretiens Algérie, mon amour

novembre 2017 | Le Matricule des Anges n°188 | par Thierry Guichard

En mettant son regard à hauteur de celui de son père, Brigitte Giraud restitue l’expérience d’une guerre sans nom. Mais pas sans blessures.

Un loup pour l’homme

C’est au plus près de l’homme, un jeune appelé en 1960 en Algérie, que la romancière pose son regard sur une guerre sans nom. Depuis la cale sombre qui le transporte des rives nord de la Méditerranée vers cette terre qui a amorcé sa libération, on suit Antoine dans son apprentissage d’un ciel sous lequel des mots nouveaux font leur entrée dans la langue française. On le suit dans ses premiers gestes auprès de soldats dont les corps sont autant de stigmates d’un conflit qu’on tait. Oscar le requiert, jeune amputé mutique qu’Antoine voudrait porter jusqu’à sa résurrection. On est dans le cœur chaud des hommes ensemble, dans cette fraternité qui au sortir de l’enfance (ils ont 20 ans) est un substitut au désir des femmes deux fois absentes : les fiancées sur le continent écrivent d’abord et n’écrivent plus. Antoine s’est marié avant d’être appelé ; Lila attend un enfant. La jeune femme prend cette décision exceptionnelle en même temps que l’avion : elle rejoint son homme à Sidi-Bel-Abbès. Dans le roman, la scène où elle accueille avec son mari deux autres frères de chambrée, la gaucherie des hommes, les gestes qu’ils font, a autant d’importance que les scènes les plus violentes. Peu à peu, relégué à la morgue de l’hôpital, Antoine saisit combien l’armée française, la politique, tiennent le destin des siens comme s’ils n’étaient finalement que des marionnettes. Et parmi elles, celles qu’on sacrifiera plus facilement : les harkis, les Arabes, les ouvriers. Le livre dit cela aussi, mais sans quitter cette sorte de délicatesse du regard qui donne au lecteur la possibilité d’une expérience acquise par la justesse de la fiction et celle d’une écriture qui, comme toujours chez Brigitte Giraud, semble mettre sous nos yeux les détails qui font une vie. Avec son supplément d’âme.

Que représente Un loup pour l’homme pour vous au regard de vos autres livres ?
Je ne le savais pas au moment où je l’écrivais, mais je le vois aujourd’hui comme un aboutissement. Il me semble que je suis devenue écrivain pour écrire ce livre. Les précédents sont sans doute comme des « répétitions » qui m’ont permis de gravir les marches d’un escalier qui conduisait à Un loup pour l’homme, la véritable « chambre des parents ». J’ai mis en scène dans mes romans toutes les obsessions que l’on retrouve dans Un loup : le rapport au corps, la construction de soi, l’apprentissage du langage, le poids du silence, le questionnement sur la virilité, la soumission et la domination, la relation entre l’intime, l’Histoire et le politique. Et les mécanismes de survie.
Mais avant de pouvoir écrire ce roman, il a fallu que je prenne un temps long avant d’oser enfin ouvrir la « boîte noire » qui contenait l’expérience qu’avait vécue mon père pendant les années 1960-1961 où il a été appelé en Algérie. J’attendais d’avoir les épaules plus larges en tant qu’écrivain. Je ne voulais pas rater ce livre, dans tous les sens du terme, pas le gâcher, passer à côté. J’ai...

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