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Dossier Juan José Saer
Lauriers, nouvelle inédite de Juan José Saer

janvier 2018 | Le Matricule des Anges n°189 | par Guillaume Contré

L’édition en Argentine des carnets de travail de Saer a permis la découverte de nombreux textes inédits, fragments de prose, citations, réflexions sur le métier d’écrivain, etc. Mais aussi de courtes nouvelles n’ayant pu trouver leur place dans les livres publiés de son vivant.

Il y a la chaîne incandescente des galaxies qui sont, semble-t-il, infinies, et dans l’une d’elles, vers le faubourg, loin du centre qui émet des radiations depuis la constellation du Sagittaire, le soleil qui, il y a un moment encore, se croyait Unique mais n’est rien d’autre qu’une Naine Rouge, et relativement proche de cette étoile latérale, une sphère pierreuse, éteinte et durcie qui dans un délire en sourdine, comme fascinée, tourne autour ; les deux tiers de cette sphère ne sont qu’eau, mer et océan dont les rives butent, nuit et jour, sur des côtes tourmentées. De cette eau naquit, il n’y a pas si longtemps affirment certains, se multipliant sous des formes diverses, la vie. Et l’une de ces soi-disant formes supérieures de vie que l’on connaît sous le nom d’homme, a conçu, pour se multiplier et subsister, différents ustensiles et procédés artificiels destinés à améliorer son logement, ses vêtements, ses moyens de transport, son alimentation, à l’aider dans cette lutte constante contre la détérioration de la matière qui l’entoure et le constitue, à lui permettre de prolonger cette vie qui semble lui être si précieuse, à lui donner les moyens nécessaires de ne pas se laisser vaincre par l’abandon et l’oubli. C’est un combat inutile ; la galaxie est trop petite, le soleil marginal, et la soi-disant forme supérieure de vie et de civilisation est une horde de bêtes anonymes empêtrée dans la contradiction animale de ses origines, et lourde, en raison peut-être de l’incertitude de sa destinée, d’intenses instincts d’autodestruction. La vie qui aurait dû, après si longtemps, gagner en autonomie et en identité, ne persiste plus que comme une conséquence d’un mélange tragique avec l’indétermination.
Telles sont, le 10 août 1976, autour des sept heures du soir, les pensées de Pigeon Garay. Dix ans de vie européenne lui ont donné l’habitude des vacances et maintenant il attend dans le jardin de l’hôtel que ses amis, en train de se changer dans les chambres du premier étage, descendent pour dîner. L’hôtel se trouve au sommet d’une colline paisible, dans les environs de Pistoia : en bas, une vallée pleine de maisons dont les tuiles fleurissent parmi les arbres, et sur les flancs croissants de la colline, une douce et intime lumière baigne les ramures. Les cheveux blonds sont devenus clairsemés sur le crâne de Garay, qui n’est plus très loin des quarante ans. Seul au bout du jardin qui domine la vallée, c’est un homme en bonne santé, bronzé, avec la chemise ouverte sur la poitrine et un duvet blond, épars, parsemé de poils blancs que le col ouvert permet d’entrevoir. Une lente fumée perdure dans la vallée et les collines qui l’entourent semblent...

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