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Dossier Juan José Saer
« Une obsession mélancolique »

janvier 2018 | Le Matricule des Anges n°189 | par Guillaume Contré

Julio Premat, l’un des grands spécialistes de Juan José Saer, dont il fut également l’ami, nous apporte son éclairage sur une œuvre complexe, parfois contradictoire.

Julio Premat enseigne la littérature latino-américaine à l’université Paris VIII. Il est l’auteur de plusieurs essais sur le travail de Juan José Saer et le responsable en Argentine d’une édition critique de ses romans Glose et L’Ancêtre. Il s’est également chargé de l’édition posthume des cahiers inédits de Saer.

On réédite aujourd’hui Juan José Saer en France, croyez-vous qu’il n’y a pas reçu une attention suffisante ?
Les dix ou quinze dernières années de sa vie, l’édition française l’a très bien traité. Il était proche d’Annie Morvan au Seuil, elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour lui, y compris de nouvelles traductions. Mais je ne crois pas qu’il soit reconnu en France comme il le devrait. Il faut dire qu’on n’entre pas facilement dans Saer, un peu comme avec Faulkner. Par où commencer ? Comment comprendre le système ? J’ai souvent été confronté à des bons lecteurs qui lisaient un de ses textes et ne comprenaient rien ou comprenaient de travers. Naturellement, « bien comprendre » c’est relatif ; disons qu’il convient de lire plusieurs livres pour saisir la portée de son écriture, ce qui le rend complexe.

La réédition de son roman historique L’Ancêtre a reçu un bon accueil…
L’Ancêtre pose aussi des problèmes de mauvaise lecture. Si on ne le lit pas en relation avec le reste de l’œuvre, on pourrait croire à une variante de ce lieu commun de la littérature latino-américaine et même américaine, le voyage au cœur du continent comme dans Au cœur des ténèbres de Conrad. En Amérique du Sud, il y a énormément de romans comme ça, ceux d’Alejandro Carpentier, etc. Ces romans où l’on s’enfonce dans la forêt vierge en quête d’un temps primordial, d’une vérité perdue dans le monde moderne… Certains ont lu L’Ancêtre de cette façon, une lecture très superficielle. Il s’agirait plutôt d’un voyage vers l’inconscient, vers les pulsions. Une lecture freudienne conviendrait mieux, c’est un roman qui a plus à voir avec Totem et Tabou qu’avec Conrad.

On ne sait pas grand-chose des Colastinés, les Indiens cannibales de L’Ancêtre. Ce choix dit-il quelque chose du rapport de Saer au roman historique ?
« Colastiné », c’est un nom, une toponymie en réalité, une sorte de faubourg de Santa Fe où Saer a vécu. On sait également que c’était le nom d’une tribu, sans avoir plus d’informations. On ne sait même pas s’ils étaient cannibales. Les populations cannibales se trouvent plus au Nord, les Tupi-Guaranis par exemple. Il y avait chez Saer la volonté de faire le contraire d’un roman historique. Il a beaucoup théorisé sur la question. Dans sa correspondance, il raconte avoir lu dans un livre d’histoire l’anecdote qui sert de base au roman, ce mousse, Francisco del Puerto, qui est resté dix ans dans la région après que ses compagnons d’expédition eurent été tués. Saer dit qu’il a ensuite refermé le livre et n’a plus rien voulu savoir pour pouvoir imaginer tranquillement. C’est donc l’inverse du roman...

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