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Poésie Les Éphèbes

novembre 2018 | Le Matricule des Anges n°198 | par Éric Dussert

C’est une facette ignorée de Guy Lévis Mano que la réédition de son recueil de poèmes Les Éphèbes met au jour. Ces textes avaient paru en 1924 dans la Revue sans titre alors qu’il n’avait que 19 ans. Illustrés par son ami Lucien Lovel [Gaston Poulain], ces poèmes érotiques et même « homoérotiques » comme il faut dire, surprendront les sectateurs de René Char le virulent, et quelques autres sans doute aussi. Il faut dire que GLM est statufié en parangon d’un classicisme typographique dépouillé qui a constitué le standard de l’édition de poésie « de qualité » en France et ce pour plus d’un demi-siècle. On l’appelait même le « miracle GLM » (Andrée Chedid) et son catalogue d’éditeur parle pour lui : Char disions-nous, mais aussi Schehadé (Georges et Laurice), Prassinos (Gisèle et Mario), Dupin, Jabès, Jouve, Guerne, etc.
Ce que l’on ne connaissait plus, c’était ses vers de jeunesse pleins d’allant, charmants et peut-être un peu désespérés parfois. « J’ai perdu mon amour/comme je marchais entre les fleurs… » Sombres, ils étaient concomitants ou presque avec la publication de Platoniquement de Pierre Guyolot-Dubasty. Mais ces poèmes n’avaient pas été retenus – par pudeur sans doute ? – par les spécialistes de l’œuvre de GLM… Il est vrai qu’ils avaient paru avant le coup de tonnerre que fit résonner la publication du roman Un protestant de Georges Portal (Denoël 1936 ; Le Serpent à plumes, 2019) qui érigea définitivement et sans barguigner la « fierté » homosexuelle…
Chez GLM, c’est la relation entre Félio et Guyto dont les rôles sont difficiles à attribuer qui justifie les vers. Le scripteur paraît parfois l’un, parfois l’autre, sachant qu’une femme à deux reprises s’insinue et ne manque pas de poser question puisque l’un des deux protagonistes trouve à la tristesse de ses yeux de quoi lui demander de « rester ». Pour le reste, le désir et l’amour, une fois encore, servent naturellement de parfait moteur à l’inspiration. « Et puis c’est vrai, je cause, je cause…/ C’est bête on en devrait pas causer,/nos mots disent longuement des choses/que diraient beaucoup mieux nos baisers. »

Éric Dussert

Les Ephèbes de Guy Lévis Mano
Édition présentée par Jean-Marc Baféty, Bibliothèque GayKitschCamp, 82 p., 12

Le Matricule des Anges n°198 , novembre 2018.
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