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Domaine français La Maison indigène

mai 2020 | Le Matricule des Anges n°212-213 | par Thierry Guichard

La Maison indigène

Voici un livre qui surprendra les lecteurs de Claro. À la suite d’un email de son ami Arno Bertina, Claro se voit convoqué par son passé familial. Nous sommes en 1930 à Alger, l’architecte Léon Claro, grand-père paternel de l’auteur, inaugure La Villa du centenaire qu’il vient de bâtir, sur le modèle néomauresque, pour célébrer cent ans de colonisation. Trois ans plus tard, un jeune homme la visitera et écrira sur la maison mauresque un de ses premiers textes : il s’appelle Albert Camus. Le fils de Léon est là, qui sera le père de Claro. L’entrée de cette villa Claro est-elle, littérairement, l’entrée aux enfers où Claro est appelé à retrouver une histoire intime qu’il a toujours fuie ? On le pense d’abord. Mais la villa agit très vite dans le texte comme un trou blanc : loin d’absorber tout le récit, elle rejette au contraire les tentatives d’y pénétrer. À moins que ce soit Claro qui résiste encore et toujours à aborder ce matériau autobiographique qui frappe à son écran d’ordinateur. Profitant de Camus, profitant d’une étonnante visite de Le Corbusier à Alger, convoquant surtout la figure du poète Jean Sénac (assassiné en 1973), Claro prend tous les chemins possibles pour n’avoir pas à franchir les portes d’un passé qu’il avait décidé de clore, il y a longtemps. Mais ce faisant, le livre tisse une histoire de création, touche à l’atome du désir et, en ombre chinoise, apparaît alors le visage du père dont la présence-absence irradie tous les silences du livre et illumine la beauté des phrases. « Je revois mon père place de la Contrescarpe. Nous sommes, physiquement empruntés, gauches du cœur, si gauches, il me dit au revoir, je lui dis la même chose, au revoir ».

T. G.

La Maison indigène, de Claro
Actes Sud, 172 pages, 19,50

Le Matricule des Anges n°212-213 , mai 2020.
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