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Poésie Khlebnikov pleure, d’Anne Seidel

septembre 2020 | Le Matricule des Anges n°216 | par Emmanuelle Rodrigues

Khlebnikov pleure

Khlebnikov pleure, tel est le titre à la tonalité quelque peu mélancolique du premier livre d’Anne Seidel, née à Dresde en 1988. Ce qui frappe d’emblée et retient l’attention, c’est la manière méditative de cet ensemble de poèmes ici traduits par Laurent Cassagnau. Ce sont là des fragments que l’écrivaine qualifie de « lambeaux de Shakespeare », images mentales, proches de la rêverie et de la remémoration, évoquant une réalité perçue comme illusoire, lointaine et presque irréelle à force de fugacité. Ainsi, des paysages de neige et de pluie, tantôt lumineux ou sombres, donnent-ils lieu à ces éclats saisissants que « le silence englouti des paroles » laisse advenir. Peu à peu, nous approchons les « marges de l’Europe orientale » et tandis que la traversée de ces paysages s’accomplit, le trajet même de leur perception s’y superpose formant la trame essentielle de ces compositions sérielles. Il s’agit là de quêter par le regard le début de tout poème et de suggérer par l’affleurement des mots, trouble, confusion, ou encore, peur et paralysie. Le sentiment de la perte et du délitement n’empêche pourtant pas la densité de la vision : « mais qu’est-ce qui existe vraiment en dehors de nous ? » Et comme en écho, nous lisons alors : « une autre présence », ou tout aussi bien « ici la beauté est la plus sérieuse : sans raison ». Car, au fond c’est bien « l’instant de la connaissance » qui seul compte. Aussi ample que silencieux, l’espace qui s’ouvre ici se déploie tel un lieu d’intériorité et de respiration et tout autant d’inquiétude : « le monde était muet, nous nous sentions abandonnés ».

Emmanuelle Rodrigues

Khlebnikov pleure
Anne Seidel
Traduit de l’allemand par Laurent Cassagnau,
Éditions Unes, 93 pages, 19

Khlebnikov pleure, d’Anne Seidel Par Emmanuelle Rodrigues
Le Matricule des Anges n°216 , septembre 2020.
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