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Essais Travail du deuil

novembre 2020 | Le Matricule des Anges n°218

Le Deuil de la littérature

D’abord une galerie de grotesques : les figures de l’enseignement supérieur par qui notre provincial découvrit l’inanité bavarde des facs de lettres et philo, de bibliographies infinies en colloques spéculaires ; puis une vaste généalogie : comment cette momification des Lettres et de l’esprit parachève un mouvement de retrait engagé au XIXe, quand, réfugiés dans leur Parnasse, les écrivains impuissants prétendirent à une « parole supérieure, purement spirituelle » ; enfin des propositions de réforme : pour « aider les jeunes générations à faire le deuil de ces vieilles chimères », l’auteur propose un vaste revival de la rhétorique, à savoir la production de discours efficients qui permet d’« user des mots, plutôt que d’en organiser le culte ».
Le Deuil de la littérature s’avère donc plus hybride qu’un pamphlet, et aussi plus mêlé dans ses inspirations : Baptiste Dericquebourg moque (avec talent) les « pratiques culturelles » et leur prétention à la distinction, mais réutilise ailleurs sans barguigner la hiérarchie culture/divertissement. Il est aussi d’une précision variable, sachant décrire les symptômes du mal – universitaires réduits « à faire l’intelligent à propos des objets culturels », thèse comme « dressage paradoxal, par l’ennui et l’isolement », etc. –, mais s’embarrassant de peu de nuances sur son origine et traitement : le basculement des Belles-Lettres (antérieures à la révolution industrielle) en Littérature (dans le monde de l’égalisation marchande) est évoqué au pas de charge, de même que l’histoire de l’enseignement – comme si la rhétorique prétendument salvatrice n’avait pas, en son temps, engendré elle aussi son lot de perroquets.
Il n’empêche : contestable sur divers points, le livre sait aussi appuyer là où ça fait mal. Comme on dit dans les rapports de lecture de l’université, il est stimulant.

Gilles Magniont

Le Deuil de la littérature
Baptiste Dericquebourg
Allia, 110 pages, 7

Travail du deuil
Le Matricule des Anges n°218 , novembre 2020.
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