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Domaine étranger Dynamite angolaise

janvier 2021 | Le Matricule des Anges n°219 | par Catherine Simon

Plus poétique que politique, la verve d’Ondjaki fait merveille pour brosser le portrait d’un pays fantasmé.

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique

Bien qu’installé à Rio de Janeiro, au Brésil, c’est à Luanda, en Angola, sa ville natale, que le cœur de Ndalu de Almeida, alias Ondjaki, reste arrimé. Après Les Transparents, publié en 2012 (traduit en 2015 chez Métailié), où on se laissait embringuer dans la vie pas tranquille, et même foldingue à souhait, d’un immeuble de la capitale angolaise, nous voici, avec GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique, transportés à deux pas de là, à PraiaDoBispo, la plage de l’évêque. C’est dans cette banlieue balnéaire que les autorités ont lancé le « gigantesque chantier du Mausolée », monument de béton supposé recevoir prochainement le cadavre embaumé du « camarade président Agostinho Neto ». Le pays, officiellement indépendant, reste hanté par la guerre fratricide qui a opposé la fraction angolaise alliée de l’Amérique et de l’Afrique du Sud, et l’autre, finalement victorieuse, soutenue par Moscou et La Havane.
Paru en 2008 et tardivement traduit, GrandMèreDixNeuf… est une fable joyeuse, qui raconte tendrement l’histoire d’un attentat façon Pierrot le Fou, mariant dynamite soviétique et soleil africain, une histoire racontée par un gamin rêveur, un terroriste en culotte courte, indigné à l’idée qu’on détruise les maisons et la vie de son quartier, son paradis. Le meilleur pote du narrateur s’appelle TroisQuatorze : « son vrai nom était Pinduca et son surnom était juste Pi, jusqu’au jour où ÉcumeDeMer, qui avait beaucoup étudié les mathématiques à Cuba, au point d’en devenir fou, nous apprit que Pi était égal à 3,14 ». Les deux gosses vont monter un coup fumant, une vengeance explosive, à la barbe des soldats soviétiques, désignés sous le sobriquet de « fourmis bleues ».
À l’image de TroisQuatorze et d’ÉcumeDeMer, archétype du ravi du village, les personnages d’Ondjaki sont ceux d’un conte pour enfants : il y a GrandMèreAgnette, centrale et maternelle, qui sera baptisée GrandMèreDixNeuf après l’amputation d’un orteil, sa sœur Catarina, ténébreuse et fêlée, qui veille jalousement à la fermeture des fenêtres, mais aussi CamaradeBoulanger, DonaLibânia, Vendeur D’essence et VieuxPêcheur, sans oublier Bilhardov, le fameux Soviétique, gentil et balourd, surnommé CamaradeBotardov, à cause de sa mauvaise prononciation de Boa tarde (bonsoir en portugais). Bilhardov est tombé amoureux de ce coin d’Angola. C’est là son secret, mais chut…
Il n’y a jamais de vrais méchants, chez Ondjaki, pas plus qu’il n’y a de sexe ou de violence. Plus poétique que politique, sa verve fait merveille pour brosser le portrait d’un pays fantasmé, où l’absurde et le cocasse ont la saveur de « la mangue verte qu’on mange avec du sel ». Ondjaki a recu en 2010, pour sa GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique, le prix Jabuti, catégorie jeunesse, un des prix littéraires parmi les plus prestigieux du Brésil.

C. S.

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique
Ondjaki
Traduit du portugais (Angola) par Danielle Schramm
Métailié, 192 p., 17,60

Dynamite angolaise Par Catherine Simon
Le Matricule des Anges n°219 , janvier 2021.
LMDA papier n°219
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