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Poésie Ancienne éternité

avril 2021 | Le Matricule des Anges n°222 | par Christine Plantec

Ancienne éternité

Ce livre donne à voir le parcours du poète Christian Dotremont, entre 1940 et 1953. Il n’a que 17 ans lorsqu’il publie son premier texte et le voilà qui, très vite, accède au cercle select des avant-gardes surréalistes belges puis françaises sans que son esthétique ne procède d’aucun automatisme. La spécificité de Dotremont est ailleurs et elle semble avoir guidé le choix des sept ensembles de poèmes de la présente édition. Inauguré dès 1940, le principe dialogique travaille chaque poème, lui donne sa forme particulière et son intensité. Deux voix y tressent une suite de variations sur l’amour et l’adresse à la femme aimée, à l’inconnu de circonstance auprès duquel le poète s’épanche, l’adresse à lui-même crée une proximité douce et inoubliable. « Parlez-moi d’elle. – je le confonds toujours avec elle-même. – dans mes souvenirs, je la fais habiter une petite maison abandonnée – avec des fenêtres sales. – elle était tout en joue et moi j’étais tout en lèvres. – nous étions bien faits pour nous entendre car quatre lèvres soudées ne laissent passer que le monde – »
Ainsi mis en scène, le dialogue est bien plus qu’une forme, c’est un principe, le mot est d’importance : il fonde une poétique de la relation rarement égalée en poésie. Bien sûr il y eut Baudelaire dans L’Étranger en quasi-exergue à son Spleen de Paris, et puis Verlaine et son Colloque sentimental, plus près de nous Bonnefoy dans Du mouvement et de l’immobilité de Douve, lequel écrit dans un entretien de 1990 que « Le vrai commencement de la poésie, c’est quand ce n’est plus une langue qui décide de l’écriture, mais (…) une force en nous plus ancienne que toute langue ; une force, notre origine, que j’aime appeler parole ». Mais chez Dotremont, plus encore que chez les autres, tout se passe comme si le souffle délicat de la parole donnait à toutes les formes qu’elle touche, à tous les mots qu’elle emprunte la puissance de la vie elle-même lorsqu’elle s’engouffre en nous et nous emporte. Les Trois forêts, triptyque sublime dédié à l’amoureuse Bente Wittenburg, en est l’illustration parfaite. Et que vous souhaiter d’autre sinon d’en faire la bouleversante expérience.

Christine Plantec

Ancienne éternité & autres textes
Christian Dotremont
Éditions Unes, 64 pages, 16

Le Matricule des Anges n°222 , avril 2021.
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