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Dossier Andrzej Stasiuk
Le corps du monde

juillet 2021 | Le Matricule des Anges n°225 | par Thierry Cecille

Arpenteur des confins, de l’espèce encore humaine ou de l’espace encore ouvert de « l’autre europe », l’écrivain polonais Andrzej Stasiuk nous invite à le suivre, alliant une tristesse retenue à une alacrité bienvenue.

Nous étions sur la route depuis quelques jours déjà : nous avions dormi à Weimar et, à Buchenwald, en hommage, lu quelques pages de Semprun, puis nous étions passés à Auschwitz et avions arpenté les allées de Birkenau par une pluie glaciale, surprenante en ce mois de juillet caniculaire. Il y avait eu ensuite une halte à Katowice, où j’avais vécu deux ans, en ces années décisives de la chute du communisme, entre 1998 et 1990. Puis la direction du sud-est : nous savions qu’Andrzej Stasiuk habitait par là, dans un de ces trous perdus, entre vieilles églises en bois et villages lemkoviens abandonnés, dans ces montagnes au nom mystérieux, les Beskides. C’était là un carrefour, une marche comme l’on disait du temps des empires, aux frontières de la Pologne, de l’Ukraine et de la Slovaquie. Comme jadis Joseph Roth puis Paul Celan, Aharon Appelfeld et tant d’autres, Stasiuk vivait en cette région glorieuse – en littérature – et maudite – dans la réalité : la Galicie orientale, un des cœurs battants (avec au nord la Lituanie de Vilnius) du yiddishland aujourd’hui anéanti. Nous aurions pu aller lui rendre visite, en témoignage de notre admiration de lecteurs fidèles – mais nous savions qu’il ne parlait pas notre langue ni nous la sienne. Nous choisîmes de poursuivre notre chemin, vers le delta du Danube : notre viatique, notre guide, au lieu d’un quelconque Routard ou Lonely Planet, ce serait Sur la route de Babadag de Stasiuk. Au soir, sur le bord d’une départementale slovaque, nous bûmes en son honneur de la vodka au piment – un peu trop…

Mon Europe commence ainsi : « Je me sers d’un compas comme les géographes d’antan, les explorateurs, les chefs des expéditions d’autrefois : il me permet de mesurer les distances. (…) Je pique la pointe à l’endroit où je me trouve actuellement et où tout porte à croire que je resterai. Je place le bout de l’autre branche là où je suis né et où j’ai passé une grande partie de mon existence. (…) Mon Wołowiec est séparé de Varsovie par quelque chose comme trois cents kilomètres à vol d’oiseau. Impossible de résister à la tentation, je trace un cercle de trois cents kilomètres autour de Wołowiec pour délimiter mon Europe du centre. Le trait passe plus ou moins par Brest-Litovsk, Rivne, Cluj-Napoca, Arad, Szeged, Budapest, Zilina, Katowice, Czestochowa, pour se terminer là où il commence et donc à Varsovie ». Si les lecteurs français ont pu, dès les années 80, redécouvrir et mettre à l’honneur « l’Europe centrale » ou « l’autre Europe », en lisant Kundera et Le Messager européen, cette « Europe du centre » qu’explore Stasiuk demeura longtemps encore terra incognita, trop communiste et trop miséreuse, un territoire quelque peu méprisé, avant que la guerre en ex-Yougoslavie n’en fasse un territoire terrifiant. Par bonheur, l’admirable, foisonnante Lettre internationale et quelques éditeurs curieux comme L’Esprit des péninsules nous donnèrent tout de même à entendre des voix venues de là-bas : les Yougoslaves...

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